CHAPITRE VIL
L'homme trouve dang sa oonâcienoe la lot qui légitime chacan de ses actes; mais il ne dirige leur ensemble, il ne comprend et ne règle sa rie que par la religion. Si elle change dans sa formé^ seule , malgré la diversité des peuples et là mobilité des circonstances , elle se perpétue pw son essence dans Tespace et dans le temps; seule^ elle parle aux individus de la société et au présent de Pavenir. Base nécessaire de tout établis-
naire des places {ut doublé , et qae le Gooremenienl yeiUât à ce qae des applandiisemens gagés ne vinssent point fausser des arrêts toujours exécutés sans appel*
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.ftemeût poliUque, sans MS.révéUtîof s TÈlat gourernerait au hasard , impuissant à devaacer les éyéuemens et à rattacher son exîstenee à quelque autre ba^e que la force : c'est elle qui doune Wï but à $e% effprts , ooe valeur à ses actes , un sens à ses progrès* A moins de manquer à son principe^ de renoncer à exprimer la raison générale ^ et à protéger les développemens de la civi;lisatioB^ il lui fisiut demander aux vérités du dog- -me son étoile et sa fin. Qi|e la religion matériarlise la Divinité dans une force fatale qui ne re^ connait que le corps , ta tâche du Souverain se borne à répandre le bien-être et à multiplier les plainrs ; qu^elle prêche un Dieu national , TégoSsme du Gouvernement doit isoler le peuple du reste de Phumanité, et ne soumettre à aucun droit des gens la convenance de ses intérêts : sa tolérance en matière de religion est impossible ,
i C'est à ce titre , on vertu da pouvoir moral dont il l'îoveftttt, que l'État peiU s'immiscer dans la relig^oa; quand eu eu fait un pauvonr extérieur mécanique , saus autre raison que lA souveminelé du peuple ou la légjjMmsté du prince , tout droit à s'oocuper de rÉglifts lai manque 5 il doit faire profession d'athéisme ^ ou detreoir ÎDconséquent à son principe.
ce serait de Findifférence en matière politique *• Mais toute intervention dans le dogme lui demeure interdite : il ne connaît la yérité que par les manifestations de la raison publique , et sa juridiction ne s^étend point sur les idées ; il ne les atteint que dans les actes où elles se réalisent. La croyance n'est point d^ailleurs un fait volontaire qu^aucune autorité puisse prescrire, la foi tient de sa nature elle-même sa spontanéité et son indépendance ; l^tat n'a pas le droit de Timposer ou de la défendre , parce que le citoyen n'aurait ni le devoir ni la faculté de lui obéir. La loi qui limiterait la liberté religieuse usurperait stupidement l'autorité de la conscience : s'il pouvait sortir quelque eifet de ses commande-
t L'intérêt de l'Etat à la coudaite privée des citoyens ne l'oblige pas moins à s*occaper de la religion ; elle peut avoir des préceptes qui troublent directement son action ( intermption de tont travail pendant certains jours , même à la guefrre ^ émancipation immédiate des esclaves; pluralité des femmes ; abolition de la propriété ) et , du moment que le dogme diffère , il est impossible que la morale reste semblable , et que la différence de la vie individuelle ne porte pas indirectement le trouble dans les développemens du peuple.
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mens ^ ^le forcerait les dissidens de choisir entre Tathéisme pratique et le simulacre d'un culte qu'ils accusent dMmpiété ; les rapports naturels de rhomme avec Dieu ne seraient plus qu^un accident politique que le Gouvernement créerait et supprimerait par un acte de bon plaisir. Les croyances qui contrarient sa marche, il les combat en protégeant celles qui la favorisant, et se confie dans Faction du temps et dans la puissance de la vérité; mais, lorsqu'elles prétendent se manifester par des faits et s'emparer de la société , elles descendent sur son terrain et Vj heurtent : c'est alors son droit de leur dicter des conditions et de les réprimer par la force. La publiciU d'un culte hostile pourrait séduire par sa poésie et l'enthousiasme de ses croyans ; ses cérémonies protesteraient contre les enseigoemens de la religion publique , et il est des âmes faibles que toute opposition inquiète , des convictions mal assurées que toute cQntradiction ébranle , des moralités défaillantes qui ne demandent, qu'un prétexte pour douter et s'aflranchir de prescriptions qui les gênent. Ce n'est point violenter les citoyens dans leur besoin de croire, et leur droit de rendre au Ciel les hommages que la foi leur commande : union mystique de l'Ame
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hummne avec riikalI^eBee dmne , le vrai ^ 1er seul culte réel est dâas la pensée; quand son ex> pression devient sensible , cW un acte qu^il ne saurait couvrir de rînvîolabîlîtédelaoonacience; il en doit compte au pouvoir temporel ^ comne le fanatisme lui est comptable des aberrations qu^unfe religion dépravée lui inspire.
Le reqiect qu'assure PÉtat à la cropiqce na** tîonale ne peut cependant prosonre la liberté^ d^examen et arrêter le progrès; il il ta point œu' principe dans une foi àveuffle qui repousaenaitf de nouvelles oonnaiissa&ces, ets^ittadierait obs«*' linément à des formes ruinées par le tenhps« Danst la nécessité d^exprime^r les rappwts actuels de^ rhomme avec Dieu, tout^ religion m^e àdes v^ rites étemelles dès principes de destruction , que développeront fktalementles progrès de Thuma^^ nité. Obligée de répondre aux problèmes que se^ posent incessamment les inquiétudes de l'honi*' me, elle- resterait incomplète sanaune explication > de Poriginedu monde , et les acquisitions de la science ne tardent pas à convaincre sa oofmogo^ • nie de mensonge. Chaque jour, la connaissance' du bien rend les devoirs plus étendus ; chaquejour, la sensibilité devient moins dominante et moins grossière ; l%ieure vient où les vieilles re^
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ligions, dont l'éthique sVtait conformée à Tignôrance et & la faiblesse de leur temps , ne satisfont plus complètement les aspirations morales dé rhumanité, et Tinsuffisance des préceptes déconsidère les révélations du dogme. La vérité ne se rend accessible aux masses qu^en s^enveloppah^ dans des images sensibles , et bientôt le sens se voile et s^obscurcit, l'idée disj^araît sous son symbole ; puis une philosophie superficielle «^attaque au mythe , et , en le frappant d^impuissance , sinon de ridicule, elle force la religion dé renouveler ses formés. Ces causes de ruine sont dàn^ les données de sa vie : appelée i éclairer et à di*-' riger le monde , il lui faut se mettre i sa portée , convaincre la raison, entraîner les sens; et, lors^' que les circonstances ont changé , lorsque Phùmanité a grandi sous son influence , on la jiigé sur des formes désormais sans valeur. D^aùtrett nécessités , qui , pour lui être extérieures , n^en tiennent pas moins à sa nature , préparent' plûU fatalement encore sa décadence. Si clairs qtièf soient ses enseignemens, des prêtres les interiprès^ tent et les répandent; si dégagée quelle soit de* la terre, sa mission est de gouverner la vie, et ses! ministres doivent approprier aux circonstances son action et son mode : die ne devient tine puis-
sance qu^à cette condition; et, tôt ou tard, TOrdre sacerdotal mêle son intérêt de caste aux intérêts de la vérité ; il faitde la théologie Tinstrument de son ambition , et 8es falsificiitîoos politiques discréditent le dogme jusque dans son essence.
. Sans la transformation des religions , ThunKinité tomberait bientôt dans l'athéisme, ou dans un scepticisme plus dégradant encore : loin de se commettre en vain au service des formes usées, l'Etat doit applaudir aux tentatives de raviver la vérité dans des mythes pleins d'avenir ; tout ce qu^il est en droit d'exiger des .nouveaux révélateurs, c^est de ne pas attaquer des croyances qui n ont pas fait leur temps ; c'est dans la folle pensée d'initier la société à des connaissances qu'elle n'est pas encore préparée à recevoir, de ne point porter le désordre dans les faits et le doute dans les idées. Si efficace qu'il fut , un rôle passif de protection ne suffirait niême jamais à sa tâche : missionnaire naturel de la vérité , sa place est à la tète des mouvemeos religieux , car tous les progrès de Thumanité aboutissent à un développement de la religion et s'y résument \
1 Le mahométisme lai-méme fat un progrès local qui