‹ Philosophie du droit civilChapitre 4 sur 52 · AVANT-PROPOS VII · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS VII

sorte imposées par de récents événements. N'en rctrouvera-t-on ici aucune trace ? Je n'ose pas l'espérer ; mais je compte que le lecteur me saura gré de l'intention et de mes efforts pour la réaliser.

Il y a un autre point sur lequel j'appelle à la fois l'attention et l'indulgence du public. On ne rencontrera pas dans les pages qui vont suivre le moindre document inédit, le plus petit texte nouvellement arraché à la poussière des bibliothèques ou des archives. Quand j'ai eu besoin, comme cela m'est arrivé souvent, d'invoquer le témoignage de l'histoire, je me suis contenté de ce que tout le monde en sait ou des faits les plus notoires et les plus incontestés. La passion de l'inédit qui nous dévore depuis quelque temps n'est à sa place que dans les recherches de pure érudition. Introduite dans le domaine de la morale, de la politique, du droit naturel, de l'économie sociale, et même de l'histoire, quand elle l'envahit sans mesure et sans respect pour les idées de justice et de liberté, n'est propre qu'à rétrécir l'intelligence, à falsifier le jugement, à tenir en échec les idées et les principes. Si on ne se hâte de la faire rentrer dans ses limites naturelles, elle fera de nous des scribes, comme ceux de l'ancienne loi, des pédants bouffis d'arrogance et hérissés de paradoxes à qui les choses de l'esprit et les nobles soucis de l'humanité sont devenus étrangers.

Paris, le 31 octobre 1880.

Ad. P'ranck.

Page 1