CHAPITRE PREMIER
Platon.
Que d'obstacles^ dans le champ de l'histoire et de l'action, la liberté^ de Thomme ne rencontret-elle pas? La succession et les vicissitudes du • «temps qui^ tantôt pèse sur nous comme un nuage orageux, tantôt nous échappe comme de l'eau, les distances de 'l'espace, les. élémens, tout est un perpétuel empêchement à l'actirité humaine. Ce n'est pas assez : l'homme s'oppose à lui-même; les passions se heurtent contre les passions, les préjugés contre les préjugés'^ l'ignorance contre ^ II. I
a PLATON.
TignoraBce; et l'histoire n'est que reochaînement des efforts et des luttes que l'homme soutient contre lui-même et contre la nature.
Mais dans l'exercice et dans le règne de la pensée, sans pouvoir échapper à la condition de l'espace et du temps, l'homme est plus indé» pendant et plus affranchi, il pense plus librement qu'il ne peut agir; l'esprit humain» père de toutes les opinions qui gouvernent la terre, engendre les religions, les philosophies, la science et la politique; disant avec Descartes : « Je pense^ donc je suis, » il est le roi du monde et n'est vassal que de Dieu.
Il importé donc, après avoir constaté les progrès de la liberté dans l'histoire, d'en vérifier encore les développemens par la pensée et la philosophie. Mais il faut choisir dans cette revue. Tout enseignement n'est qu'une méthode, toute méthode n'eât quune élection; et nous devrons abstraire de l'histoire infinie de la philosophie t ce qui dans notre sujet est vraiment élémentaire et monumental; comparer dans les époques fécondes les grandes théories, les saisir tantôt d'accord avec leur temps ^ tantôt au-delà, conséquence ou principe d'une révolution sociale ; reconnaître jusqu'à quel point le grand homme que nous examinerons représente son siècle» le complète, le détruit pu le surpasse. La f^iloso-