PLATON
phîe n'est pas la réflexion pure d'une époque; elle peut avoir cette face, mais elle en a d'autres; comitie elle est Thoninie lui-même^ elle en prend tous les tons et toutes les positions : tantôt elle prépare la religion, tantôt elle s'y incorpore, tantôt elle ébranle son propre ouvrage; mais idées ou symboles, insurrection de l'intelligence ou autorité de la foi, c'est toujours la philosophie, toujours rhomme, toujours la puissance de l'homme, et pour trouver autre chose, il faut sortir de la terre.
Platon naquit dans la quatre-vingt-septième olympiade, pre^sque au moment où Périclès en mourant emportait avec lui toute la majesté de la démocratie athénienne. Platon, dans son enfance et dans sa jeunesse, vit les excès du .peuple, les revers de l'expédition de Sicile, la carrière inconséquente et brillante du bel Alcibiade^ la mott de Socrate, Athènes vaincue, et Lacédé* mone ne laissant plus à cette reine de la Grèce que la dictature de la pensée. Il employa sa vie à former dans son àme une harmonie complète de tout ce qu'un homme peut aimer et savoir; il voulait retrouver en lui cet accord sublime, cette fxoiKTixn divine des Grecs où vibrent toutes les cordes de Part, de la science et de l'amour. Il alla en Egypte, parcourut l'Italie, séjourna trois fois en Sicile, voyagea dans la Grèce pour en re-