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CHAPITRE II

De la ligislatioii dans ses rapports avec la religion, la philosophie «t récononiie politique*

Un jour nous apercevons, comme par édair, l'absolue vérité et la beauté parfaite ; no^ne les avons entrevues que pour les perdre ; ^/^ bril* fent, puis elles nous laissent dans une obscurité triste et un vide désespérant. Ce que je voyais sî clairement hier, je ne le comprends plus aujourd'hui ; l'inspiration s'est évanouie : d'où vienqpnt donc ces éclipses de la pensée, ces éclipses de la lumière? Pourquoi ces idées éternelle^défaillent'elles dans moi ? je les conçois et je ne puis les maîtriser. C'e^t que le beau, le bon et le vrai ne dépendent pas de nous ; ils nous affectent et nous éclairent ; ils nous guérissent et nous consolent :

DE LA LÉGISLATlOir, ÎETG. HjS

mais leur origine et leur patrie n'est pas sur la terre, et ces idées, célestes n'apparaissent icibas un moment que pour s'envoler dans les cieux.

Cette absence sur la terre de la raison universelle est pour rhomme un tourment; il la cherche pour se compléter lui-même ; il veut se la représenter; de là les grands artistes en religion.

Ij3l république hébraïque nous montre la religion dans son enfance^ car, elle la confond encore, comme les autres théocraties orientales, avec la politique. Mais quel est le progrès? c'est leur déchirement. Quelques-uns s'agitent beaucoup aujourd'hui pour rameur la religion à l'identité avec la politique et à une contrefaçon dû mosaïsme. Ils oublient donc que l'œuvre du christianisme a été de spiritualiser et de constituer la religion, en ne la faisant plus dépendre essentiellement de la politique, et en lui donnant la sanction positive d'une autre vie.

Si la religion et la politique étaient identiques, il suivrait que la théocratie serait la seule institution social^ légitime. Or quand lé Christ dît : Mon père; à qui le dit-il, si ce n'est à Dieu? Et que disait le disciple du Christ aux hommes? Mes frères; et la fraternité^ cette émancipation de la nature humaine, éef progrès sur la paternité |i)a-'

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