‹ Philosophie du droitChapitre 40 sur 47 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Ck>nclu8ionf

Je ne saurais abandonner ce fragment impars £ait sans renouveler mon acte de foi dans la puissance de la science et de l'homme. J'ai entendu murmurer les mots de bas-empire, de corruption^ de décadence, de siècle qui s'en va, de race humaine décrépite. On dirait que plusieurs, comme au x^ siècle, attendent à toute heure le moment de la chute du ciel et du détraquement du monde.

Bizarrerie de l'homme de douter de sa force au moment où elle éclate le plus ! Il ébranle les empires, il les pousse ; et, quand ils tombent, il s'effraie de leur fracas et de leur poussière. Mais ces ruines attestent son génie, mais ces formes, ces institutions qui se dégradent et qui s'écroulent

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proclstoient k paissaiicfi de son esprit} il les a créées^ il les ensevelit, il en évoquera d'autres. Homme^ ne méconnais pas la lorce de ton esprit, qui n'est autre que celdi de Dieu même : Ubi ^urtem spiritus DùmMi, ibi libertas *.

I«a jeunesse de l'humanité est passée: son ima*gination n'a pas tari, mâi^ elle se fortifie des convierons sévères d'uQ âge plus mur. On ne per^ siiadera plus 9ux sociétés qu'elles meurent, parce que dans leur sein quelques tentes se replknt, et que quelques dieui^ dout le temps es£ venu tosochbent sur leurs autels. L'homme social n'est plus idolâtre, et il 3^e$t affranchi du culte des images; H chercb^^ pour l'adorer, Vespr^ des choses.

En vain quelques pleui^eurs du passé maudi*ront l'aurore de cette époque philosophique du 990nde, ielle illumine de la rougeur de $ea feux lea déco^hr^s è(t les ruiner. JËn vaw ausâ quelr quesNm$^dont l'imp^tiopce doiDiae la fai$^^ se décmir«gentien vaîqeiicurë, quelques autues, H^ mi^nt hvQfmà^ khm penséie^, i^e hâtent de pr^ aouçerlç cQn^immt^tw^ ^d ^tt^pdwdonc/!

, « Et quel temps fut jamais si /erti)e en miracles?

Attendez donc, non pas que quelque Deuséx machina vienne pour accomplir vos désirs; mais

* JSpis4oia^seçu^a PuuM ad Cc^mtkioSf cap, 3.

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attendez tout de vos propres efforts ; il n'y a pM d'autre inéckateur que Fesprit humain.

Si la science était inféconde et si la liberté devait mourir, il feudraif condamner Dieu.

Or on peut proj^étiser le triomphe de Kntêlligence ; il y aura un nouveau développement de la religion pour ceux qui le chercheront, comme il y a eu un nouveau monde pour Christophe Colomb qui naviguait à sa poursuite; et comme l'a dit u||poète : « La nature a contracté avec le génie » une étemelle alliance; ce que le génie promet^ » la nature le tient toujours. x>

La Kherté est dans Tordre politique ce qu'est la science dans Tordre moral, c'est Tesprit humain en son propre nom. Il lui sera donné de fonder son empire et ses lois.

Esprit universel des choses, toi que l'homme ne connaît que par le sien, tu Tanimes, tu Tinspires, lu le soutiens, tu Tas créé ton ministre et ton interprète ; il n'est rien sans toi, mais tu ne parais sur cette terre que dans lui et par lui; tu vivifiesles sociétés,mais tu emportes dans ta course l'image impuissante et la lettre corrompue; tu re. nouvelles ta face à des époques fatales, ou plutôt Thonmie,sur lequel tu as mis ton soufflette découvre et te VQÎt davantage à mesure qu'il gravit le temps et qu'il se hâte vers Téternité j tu es notre essence et notre fin, notre intelligence et notre

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force; ta volonté est la nôtre^ tu nous fais travailler à L'accomplissement de tes desseins et des nô«« tres^ et tu.nous attends à la fin des siècles^ comme un grand roi qui^ après avoir envoyé ses enfiins s'illustrer dans la guerre, les reçoit dans son palais, glorieux et fatigués.

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