‹ Philosophie du droit, ou, Cours d'introduction à la science du droitChapitre 24 sur 236 · DE LA FAMILLE · texte numérisé non relu

DE LA FAMILLE

Nous ne prétendons pas donner poar modèle cet état de choses qui n'est pins conforme à nos idées. Mais il faut se garder aussi de l'exagération des philosophes qui ont placé dans la famille la source de l'esprit de rivalité et d'égoïsme étroit dont souffre la société d'aujourd'hui. A les en croire, il faudrait, pour remédier au mal, prendre l'homme abovo pour le soustraire à l'influence des soins paternels, et le livrer à l'Etat, qui lui donnerait une éducation nationale : pensée qu'ont sérieusement développée Platon, Rousseau, Helvétius, et de nos jours Fichte, Saint-Simon et Fourier.

Comme s'il pouvait y avoir une tyrannie plus cruelle que celle qui enlèverait les enfants à leurs parents, sans respect pour ces liens de tendresse qui sont les premiers droits de l'humanité!

Le tort des philosophes est de considérer les hommes comme des unités numériques auxquelles ils auraient départi une certaine quantité de perceptions. Ils croient après cela qu'on peut les jeter dans un moule unique. Mais la nature humaine est trop ondoyante pour s'accommoder de cette uniformité de traitements. L'éducation domestique peut seule

père, celui des frères qui est le plus capable, sans distinction de primogéniture, devient chef de la maison (kutnoj starieszina). Comme tel, il conclut les marchés, il vend et achète, reçoit les étrangers et mange à table avec eux , tandis que le reste de la famille mange avec les gens. Souvent plusieurs familles s'associent ensemble en se choisissant un chef, et à sa mort an de ses enfants lui succède. (Macieiowski, ubi supra.)

puiser dans l'affection et la confiance mutuelle cette souplesse qui s'accommode à tous les caractères, cette perspicacité qui pressent les vocations, cette persévérance qui change de moyens jusqu'à ce que l'obstacle soit vaincu, cette toute-puissance morale enfin qui n'appartiendra jamais à des maîtres gagés.

Au surplus, ces plans d'éducation en commun, qui seraient la destruction de la famille, se sont renouvelés d'âge en âge, sans avancer vers leur réalisation 3 et toutes les fois que leurs inventeurs ont prétendu les préciser, le ridicule en a fait justice.

C'est que la famille répond mieux aux besoins de l'homme que toutes les rêveries des philosophes humanitaires f.

1 Si Ton veut prendre une idée de ces rêveries , on peut consulter le programme d'éducation phalanstérienne , tel que l'a tracé Fourier dans le Monde industriel. La jeunesse j est distribuée en neuf catégories d'après l'âge : ce sont les nourrissons, les poupons, les lutins, les bambins , les chérubins, les séraphins, les lycéens, les gymnasiens et les jouvenceaux, qui, simant la catégorie à laquelle ils appartiennent, sont dirigés par des bonnins et des bonnines, des mentorins et des mentorines, des kans et des druides, appliqués à développer les dix passions de l'impuberté et les douze passions de la puberté, dans l'échelle des cent dixhuit tempéraments. Les deux sexes vivent confondus sans aucune contrainte ; mais cette liberté même est la garantie de la chasteté. Ceux des jeunes gens dont les mœurs sont les plus irréprochables forment le corps du vestalat, dont la destinée peut être splendide : car c'est parmi les vestales que sera choisie l'Otnniarque , régnant sur toute la terre; l'Auguste, régnant sur 1/3 du globe; la Césarinc, sur 1/12; l'Impératrice, sur 1/48; la Kalife, sur 1/144; la Soudane, sur 1/576; la Reine, sur 1/1728; etc.

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