CHAPITRE PREMIER
Des Droits qui appartiennent à l'Homme comme Homme.
Les jurisconsultes ont toujours reconnu dans l'homme trois caractères auxquels se rattachent les droits dépendant de l'état des personnes : le caractère d'homme libre, le caractère de citoyen, et le caractère de membre de la famille '. En suivant cette distinction naturelle , nous traiterons d'abord, dans ce chapitre, des droits que Ton pourrait appeler
1 Tria sunt mim quœ habemus, Ubertatem, civitatem. familiam. (Paul., 1. 11, de Cap. Dent., ff.)
humanitaires, droits primitifs qui appartiennent à tout homme , par cela seul qu'il fait partie du genre humain.
On peut rapporter à ce premier chef les droits d'existence, de défense personnelle, de liberté, et d'égalité.
Droit (PExUtence.
Le droit suprême de l'homme, celui dont tous les autres émanent, et qu'ils ne font que consacrer, droit que Ton ne peut pas prouver autrement qu'en l'énonçant, c'est le droit d'exister.
Ce droit est inaliénable, la société, qui ne peut jamais demander plus en sacrifice qu'elle n'accorde en protection, ne pouvant jamais aller jusqu'à disposer de la vie des individus dans un but d'intérêt général. Mais il ne faut pas conclure de là qu'il soit inamissible quand l'homme s'en est rendu indigne par ses crimes. La grat^de loi naturelle du talion veut que chacun soit traité d'après sa propre maxime d'action : c'est ce qui, malgré tant d'attaques déclamatoires, légitimera toujours la peine de mort.
Nous n'entrerons pas ici dans les développements plus oratoires que philosophiquesauxquels se livrent d'ordinaire ceux qui traitent la question du suicide. L'homme n'est pas le maître de son existence -, il a des devoirs à remplir envers ses semblables, envers