‹ Philosophie du droit pénalChapitre 19 sur 70 · LE CRIMINEL N'EST PAS UN MALADE · texte numérisé non relu

LE CRIMINEL N'EST PAS UN MALADE

Cela suffisait pour l'entourer d'une autorité immense et d'une reconnaissance sans bornes au sein de son parti ; cela ne suffisait pas pour lui assurer l'admiration publique. Ce dernier sentiment, il le doit tout entier, il le doit uniquement aux qualités incomparables de son style. De Maistre est un écrivain du premier ordre, mais dans un genre qui a ses défauts, parce qu'il ne compte pas scrupuleusement avec le bon sens et le goût ; c'est un écrivain romantique. C'est à cette école, qui devrait le compter au nombre de ses fondateurs, qu'appartiennent à la fois et les sombres couleurs de son imagination et la chaleur outrée, les mouvements abrupts de son éloquence. Dans l'école romantique elle-même, il y a un groupe pour lequel il a une affinité particulière : c'est l'école fantastique. Il tient de Callot, de Rembrandt et de Hoffmann; ses plus belles pages sont celles qui nous rappelentle dessin et la couleur de ces deux artistes et les inventions terribles de ce conteur. Le portrait du bourreau, la description de la guerre et l'explication de la vie sauvage ne seraient pas déplacés à côté du Majorât et de L'Homme au sable; cela est absurde, mais fait courir dans le san» un frisson d*borreur.

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