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NOR AE MERE EE

PHILOSOPHIE DU PROGRÈS. Er

Ce que ni la gymnastique, ni la politique, ni la mu- |

sique, ni la philosophie, réunissant leurs efforts, n’auront su faire, le Zravail l'accomplira. Comme dans les âges

antiques l'initiation à la beauté arriva par les dieux, ainsi,

dans une postérité reculée, la beauté se révélera de nouveau par le travailleur, le véritable ascète, et c’est aux innombrables formes de l’industrie qu’elle demandera son expression changeante, toujours nouvelle et toujours vraie. Alors, enfin, le Zogos sera manifesté, et les laborieux humains, plus beaux et plus libres que ne furent jamais les Grecs, sans nobles et sans esclaves, sans magistrats et sans prêtres, ne formeront tous ensemble, sur la terre cultivée, qu'une famille de héros, de savants et d’artistes (1).

(1) 1n’y a pour l’art, et il ne peut y avoir réellement que deux époques : l’époque religieuse ou idolâtrie, dont la Grèce fournit la plus haute expression, et l’époque industrielle ou humanitaire, qui semble à peine commencer.

Le siècle d’Auguste ne fut qu’une continuation de celui de Périclès : l’art, passant du service des dieux à celui des conquérants, commença de décliner, non pas quant au fini de l’exécution, mais quant à la conception de la beauté. Quels modèles que les empereurs, les patriciens et leurs femmes! quels types que cette plèbe fainéante et féroce, ces gladiateurs et ces prétoriens !

La renaissance ne fut à son tour, comme son nom l'indique, qu’un pastiche. Il n’y a point, il n’y eut jamais d’art chrétien. l’antiquité ayant été tout à coup exhumée, on quitta les christs décharnés, les madones anguleuses et blêmes pour les Jupiter, les Apollon et les Venus : les artistes de Jules IT et de Léon X n’eurent pas d’autres inspirations. Aussi, ce mouvement d’un art factice, à contre-poil de la tradition, et sans intelligence possible de l'avenir, ne pouvait se soutenir : affaire de luxe et de curiosité. Comme on ne croyait plus guëre à Jésus et à la Vierge, ct qu'aujourd'hui on n’y croit plus du tout, on devait bientôt

Aïnsi, monsieur, il me suffit d’une seule notion, la notion du Progrès, rétablie à son rang sur le clavier intellectuel, pour rendre raison de mes doctrines, et réformer de

se désintéresser de leurs images ; et ce carnaval catholique passé, l’art seretrouvait en plein vide, sans principe, sans objet et sans but. Le siècle de Louis XIV a été pour nous ce que celui de Léon X avait été pour l'Italie, un exercice classique; le nom lui en est resté. T1 a passé vite; et plus nous le voyons s’éloigner, plus il nous apparait au dessous de sa réputation.

A présent, le monde des lettres et des arts est, comme le monde politique, livré à la dissolution. Nons avons eu successivemenzs, sous Louis XIV, la dispute des anciens et des modernes ; sous Louis XV, celle des Piccinistes, et des Gluckistes ; sous la restauration, celle des classiques et des romantiques; en même temps, lesluttes de la foi etde Ja raison, de l’autorité et de la liberté, les controverses économiques et constitutionnelles. Depuis soixante-quatre ans, il y a eu dans le gouvernement français douze révolutions et seize coups d'Etat exécutés tantôt par le pouvoir, tantôt par le peuple. Cela ne témoigne pas assurément d’un grand génie politique. Que peuvent être, à côté de cette anarchie, la littérature et les arts?

En 93, nous étions encore sexsibles; aujourd’hui nous ne sommes plus que sensuels. J’ai entendu faire cette définition de la femme. La femme, vous dit une jeunesse blasée, sans appétit comme sans cœur, est un objet d'art. Aussi, la peinture et la statuaire ne sont-elles plus

que des spécialités, dans la pomocratie du jour. Mais l’artiste a beau faire : il ne peut lutter contre le modèle, le fableau vivant ! La femme un objet d'art ! Ce n’est pas le socialisme qui a trouvé cela. Je voudrais, pour notre plus prompte régénération, que musées, cathédrales, palais, salons, boudoirs avec tout leur mobilier ancien et moderne, fût jeté aux flammes, avec défense aux artistes, pendant cinquante ans, de s'occuper de leur art. Le passé oublié, nous ferions quelque chose,

fond en comble tout ce que l'éducation classique, domestique et religieuse nous fait considérer comme indubitable, définitif et sacré. De tout ce que nous avons appris, vous

et moi, au Collége, à l'Église, à l’Académie, au Palais, à la Bourse, à l’Assemblée nationale, il ne subsiste rien, dès qu’on l’examine à la lumière de cette notion inéluctable, antérieure à toute autre, et par cela même moins sentie, moins aperçue, le mouvement, le Progrès.

Que si maintenant, après avoir à l’aide de cette notion purgé mon cerveau, refait mon jugement, renouvelé mon

âme, je regarde autour de moi, et je considère les figures

qui m'environnent, je ne découvre plus dans les autres hommes, hier mes homologues, que des contradicteurs, je dirai presque des ennemis. Ici, monsieur, vous aurez à rendre compte de cette allure belliqueuse, agressive, que plusieurs m'ont reprochée, inais dont je n’ai pas toujours eu conscience, et qui tenait uniquement à ce que mes adversaires et moi, pénétrés que nous étions d’idées diffé-

rentes, nous ne pouvions plus nous entendre. On l'avait

dit longtemps avant que j’eusse écrit une seule ligne : Il n'y a dans la société que deux partis, le parti du mouvement et le parti de la résistance, les progressistes et les absolutistes. Et cependant, combien peu connaissez-vous des premiers! combien, au contraire, ne connaissez-vous pas des seconds!

Absolutistes en première ligne, les faux sceptiques qui, méconnaissant la loi du mouvement intellectuel et le caractère essentiellement historique de la vérité, ne savent voir dans les opinions humaines qu’un amas d’incertitudes, accusent sans cesse la philosophie de contradiction et l

société d’inconséquence, et de l'impossibilité prétendue de découvrir la vérité et de la faire accepter aux hommes, concluant indifféremment, les uns au laisser-faire, et les autres au bon plaisir, ne connaissent de séditieux et de

coupable que la discussion et la liberté! Comme si la vérité, en philosophie et en politique, pouvait être autre chose que la chaîne des aperçus de la raison, et que cette chaîne, alors même que nous parviendrions à l’embrasser par l'esprit, pût se réaliser aïlleurs que dans le temps et la série des institutions! Comme si l’œuvre du philosophe et du réformateur, après avoir reconnu la progression des idées, ne consistait pas uniquement à signaler tour à tour les divers moments de la loi, à poser chaque jour un nouveau jalon sur la grande route de l'Humanité! Pascal, qui se scandalisait si fort de ce qu’un degré du méridien fit varier la formule du droit, et qui eût voulu rendre la raison juridique uniforme des deux côtés des Pyrénées ; Pascal, bien plus que Pyrrhon, trop calomnié, était le type de ces absolutistes.

Absolutistes, à plus forte raison, ceux qui, impatients de cette mobilité perpétuelle, veulent arrêter la civilisation dans un système, la logique dans une formule, le droit

dans un plébiscite; qui, prenant des conceptions pour des

principes, prétendent rattacher exclusivement à ces principes toute l’activité humaine, et, hors de leurs fantaisies passionnelles, hiérarchiques, dualistes, trinitaires et communautaires, n’aperçoivent plus nulle part ni société, ni morale, ni sens commun. Comme si chaque affirmation du

philosophe ne soulevait pas une négation équivalente;

comme si chaque décret du souverain, abrogeant le décret antérieur , ne posait pas d'avance le décret qui l’abrogeral.…

. Absolutistes, ces prétendus politiques qui imposent à la société, comme un joug, leurs inflexibles axiomes, et lui ordonnent d’obéir, quoi qu’il en coûte, sans tenir plus de compte de la marche dés idées que du retard des populations. Rien de plus ordinaire, en effet, qu’une société qui, au moment même où elle sollicite certaines réformes, est

PHILOSOPHIE DU PROGRÈS. Ca

en arrière de l'institution qu’il s’agit d’abolir. C’est alors que les rigoristes deviennent aussi redoutables pour elle que les rétrogrades.

L'unité et la perpétuité du pouvoir, dit l’un, est la première des lois sociales. Point de salut hors dela monarchie légitime!

Les rois sont faits pour les peuples, répond l’autre, non les peuples pour les rois. Point de salut hors de la monarchie constitutionnelle.

Tous raisonnent de même : point de salut hors de la prorogation du président, ajoute celui-ci. Point de salut hors de la constitution, réplique celui-là. Qu’il tombe de cette constitution ou qu'on y ajoute un accent, tout est perdu!

D’autres, pleins de leurs théories sur la souveraineté, s’écrient : Les intérêts seuls règnent et gouvernent. Point de salut hors de la loi du du 31 mai! s’il y a plus de sept millions d’électeurs, dussent-ils voter le servage et le

droit d’aïînesse, tout est perdu! — À quoi la réponse ne se fait pas attendre : Le droit électoral est un droit naturel et inaliénable. Point de salut hors de la loi de mars 1849! s’il y a moins de dix millions d'inscrits, dussent-ils voter la communauté ou l’empire, tout est perdu!… Voilà les contradictions de l’absolutismel! Voilà à quelles disputes consument leurs journées les sept cent cinquante mandataires que le peuple à choisis pour veiller au maintien de la paix, régler et transiger amiablement, à la satisfaction du plus grand nombre, sinon de tous, les intérêts généraux, organiser, par un système de concessions et de réformes, la pratique de la liberté! Le peuple ignare est acculé par ses représentants à la guerre civile! Malheur à nous s’il est sauvé par quelqu'un! malheur s’il

vient à se sauver lui-même !... à

Absolutistes, enfin, ceux qui, tout en affirmant d’une manière générale la loi du Progrès et la nécessité des M transitions, ne savent point en calculer la marche, abusent des mots et des idées pour donner le change aux esprits, et tour à tour endormant l’opinion dans leurs moyens termes intéressés, ou surexcitant la fougue populaire, tantôt se plaignent que le siècle est au dessous de leur génie, tantôt le précipitent au gré de leur impatience, et par l'impuissance de leur direction, le conduisent aux abîmes.

C’est ainsi que la littérature romantique, révolutionnaire quant à la forme, n’a donné en fin de compte qu'un resultat rétrograde. Il pouvait être utile de tirer de l'oubli la poésie du moyen âge, de rendre une part d'estime à l’architecture des donjons et des cathédrales :

mais en reprenant la féodalité pour élément littéraire, les romantiques ont annulé, autant qu'ils l’ont pu, le mouvement philosophique du dix-huitième siècle, et rendu le dix-neuvième inintelligible. Nous leur devons la meilleure part de la réaction qui à accueilli la république.

Ainsi l’éclectisme, si honnête dans ses intentions, si impartial dans sa critique, mais si timide dans ses vues, si jaloux de sa nullité, après avoir donné une vive impulsion aux études, à fini par l'intolérance. Avec sa psychologie empruntée des Écossais, avec son théisme renouvelé de Platon, il s'était fait le cordon sanitaire du statu quo. Le catholicisme lui doit la prolongation de son existence, et le paie en l’éliminant : n’est-ce pas justice?

Ainsi, depuis 1830, alors que la publication des théories

de Saint-Simon, Fourier, Owen, la résurrection des idées

de Babœuf, posaient avec tant de force la question sociale, la vraie question du siècle, nous avons été distraits, … dévoyés, trompés par le faux libéralisme démocratique + ct doctrinaire, Sous prétexte de fidélité aux traditions

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de 89 et 93, on a jeté autant qu’on l’a pu le discrédit sur les théories socialistes; au lieu d’aider à l’investigation, on l’a supprimée. Sans doute il fallait réhabiliter, venger les hommes de la grande époque; le progrès de notre génération s’accélérait de toute la Justice qui leur était rendue. Mais fallait-il les prendre pour modèles, nous imposer leur pratique et leurs préjugés ? En ce moment,

c’est le socialisme que des coteries soi-disant révolutionpaires, et qui sont tout au plus insurrectionnelles, accu-

sent de tout le mal fait depuis 1848 à la révolution. Si le socialisme, disent-elles, c’est à dire si la révolution n’exis-

tait pas, la révolution n'aurait pas amené la contre-révolution!.. Aussi, ne vous y trompez pas, cette vieille démocratie n’aspire-t-elle qu’à sauver une dernière fois la société du socialisme, et regrette de ne l’avoir pas, en 1848,

mieux sauvée. Grâce à cette distinction absurde entre le

parti socialiste et le parti révolutionnaire, une poignée

de dictateurs à juré, dit-on, dans son zèle patriotique, l’extermination du socialisme, la suppression du Progrès! Savez-vous où nous pousse cet aveuglement des néo-jaco-

bins? À une réaction sans limite, dont ils ne seraient pas

les héros, mais les victimes, maïs dont aussi, pour comble

de misère, ils n’auraient pas le droit de se plaindre.

parce qu’ils en auraient été les complices (1)...

(1) Je laisse subsister ce passage, non pour insulter à des infortunes que je partageais lorsqu'il a été écrit, mais pour répondre à d’infatigables calomnies. '

Ce qu’il y a surtout d’affigeant dans le coup d’État du 2 décembre, c’est que les hommes qu’il a le plus cruellement frappés sont justement ceux qui paraissent le comprendre le moins. On ne veut voir que linstrument, l’occasion, le prétexte, si j’ose ainsi dire les ficelles: onse refuse obstinément à reconnaître les causes. Les causes, c’est la terreur causée par une révolution dont le caractère, la mesure et la fin LL.

étaient dénaturés; c’est la direction rétrograde de l’opinion, la résis-

Progrès, c’est savoir, c’est prévoir. Ceux qui en 1848 furent chargés de réaliser le progrès étaient tous, à différents titres, des hommes de /a veille : est-il surprenant qu’ils n'aient pas su ce qu'il y avait à faire le lendemain ? Convaincus, aujourd’hui, par leurs propres aveux, de n'avoir vu dans la révolution qu’un changement de fonctionnaires, ils ont encouru une déchéance fatale. Toute tentative de retour, que ne justifierait point une conversion explicite, de leur part serait un crime.

Liberté, c’est richesse, c’est noblesse. On a jeté le droit électoral à des meurt-de-faim, comme disait Bridaine; il ont répondu en esclaves. Quoi d'étonnant ? Que le prolétariat vote en 52, comme il a fait en 48, à jeun, et bientôt nous serons tous en servitude, et la démocratie française, réfutée par son propre principe, sans drapeau, sans programme, aura cessé pour un temps d’être une vérité.

ï'orcé en 1848 de combattre pour ma défense et pour l’afirmation révolutionnaire, j'ai reconnu bientôt, à l’irri-

tance obstinée des partis, le machiavélisme de la Législative, la division des républicains, dont les uns, en majorité, voulaient la république sans la révolution,.ou la révolution sans le socialisme, le mot sans la chose, et les autres étaient forcés de protester, à peine de suicide, contre cette politique absurde; c’est par dessus tout l’appel fait aux instincts populaires, dans Les circonstances les plus malheureuses, sous le nom de syffrage universel. Pour moi, je l’avoue, si quelque chose m'inquiète pour la liberté, si parfois je me prends à douter de l'avenir de la démocratie, c’est de voir ses défenseurs, martyrs d’une vaine formule, accuser avec fureur la révolution sociale, devenir indifférents aux idées, ne pas comprendre que cette multiplication des théories socialistes est justement ce qui en fait la force, quelques-uns se rallier à l’orléanisme, honte!... ou se repaître de projets chiméri- ‘Nu ques, aussitôt dénoncés que conçus ! Qu'ils se réveillent enfin !... Le jour où ils abandonneront leurs funestes routines, ce jour-là la liberté " Li ne sera pas loin : il n’y aura d’abattu en France qu’un préjugé-

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tation que soulevaient dans le parti démocratique les idées nouvelles, que le moment n’était pas venu; et j'ai fait tous mes efforts pour dissimuler un antagonisme désormais sans but, et opérer entre les classes travailleuses et bourgeoises une réconciliation nécessaire. Je crois en cela avoir fait acte de bonne politique, surtout de progrès. Quand les partis se montrent unanimement réfractaires, il ne reste pour les révolutionner qu’un moyen, la fusion.

Vous avez, monsieur, ma profession de foi. Je ne l'avais Jamais écrite ; j'avoue même que jy ai rarement réfléchi. Porté par le flotde mon siècle, j'allais devant moi sansme retourner jamais, affirmant le mouvement, cherchant l’intégralité de mes idées, niant les conceptions analytiques, soutenant l'identité de l’ontologie et de la logique, mettant la liberté au dessus même de la religion (1), plaidant au nom de la justice la cause du salarié et du pauvre, défendant l'égalité, ou plutôt l'équation progressive des fonctions et des destinées; du reste, croyant peu au désintéressement, ayant malgré ma prison le martyre en médiocre estime ; songeant que l’amitié est fragile, la raison vacillante, la conscience douteuse ; et regardant la charité, la fraternité, le travail attrayant, l'émancipation dela femme, le gouvernement légitime, le droit divin, le parfait amour et le bonheur, comme des travestissements de l’Absolu.

(1) Un voltairien qui avait grand”’peur du diable, le prince de Ligne, dissit il y à cinquante ans : 5 L’athéisme vit à l'ombre de la religion. » — Depuis, les choses ont marché, et ies rôles sont intervertis : la religion vit à l’ombre de l’État. Or, demandez à M. Odilon Barrot quelle est la doctrine de l’État en matière de foi? Sa reponse, mieux

que tout ce que je pourrais dire, vous démontrera l'urgence d’un prin-

cipe qui puisse servir à la fois de fondement à la religion, c’est à dire à a morale, et à l'Etat,

Si quelque part, à mon insu, par l’emportement de la polémique, la mauvaise foi de l'esprit de parti, ou toute autre chose, j'ai été infidèle à cette doctrine : c’est de ma part un Zapsus calami, un argument ad Lominem, une défaillance d'esprit ou de cœur, que je désavoue et rétracte.

Cette humilité philosophique, du reste, ne me coûte

A guère. L'idée de Progrès est si universelle, si flexible, si féconde, que celui qui l’a prise pour D n’a presque

plus besoin de savoir si ses propositions forment ou non un corps de doctrine : l’accord entre elles, le système existe, par cela seul qu’elles sont en progrès. Montrez-moi une philosophie où une pareille sécurité se rencontre! Je ne relis jamais mes ouvrages, et ceux que j’ai composés les premiers, je les ai oubliés. Qu'importe, si je marchaiïs il y à douze ans, et si aujourd’hui j’avance encore? Que peuvent faire à la rectitude de ma foi, à la bonté de ma cause, quelques écarts, quelques faux pas? Vous me ferez pag monsieur, de m'apprendre vous-même quel chemin j'ai parcouru, et combien de fois Je suis tombé dans la route. Loin que je ose de tant de chutes, vraiment, je serais tenté de m'en vanter, et de mesurer ma vaillance d’après le nombre de mes contusions. Je suis, monsieur, etc.

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