II PRÉFACE
Clin des ordres de la connaissance humaine, quelque distincts et séparés qu'ils apparaissent. Que l'homme spécule ou réalise, il les retrouve invinciblement sous ses pas , et il n'est le maître ni de les éluder jamais, ni de les • agiter en partie : une seule soulevée, toutes les autres se mettent en mouvement.
La raison en est simple.
Les divers ordres de la connaissance sont comme autant de rameaux embranchés sur le même tronc, l'esprit humain. Or, dans le domaine physique , toute secousse imprimée au tronc se communique aux rameaux; toute pression exercée sur un rameau revient au tronc et de là se propage à la masse entière. Pareillement, dans le monde moral, une affirmation quelle qu'elle soit, produite dans l'un quelconque des ordres de la connaissance, loin d'y rester localisée , le dépasse et réagit sur tous les autres ordres, impliquant en chacun d'eux une affirmation similaire ou parallèle : l'esprit est identique à lui-même, et ses manifestations sont solidaires entre elles. Il
PRÉFACE Ui
suit de là qu'une théorie peut être à volonté, ou restreinte à son objet spécial, ou transportée d'un domaine dans un autre. Sa certitude est en raison directe de sa puissance expansive.
Dans ce livre , il n'est question que de Beaux- Arts. Mais, en vertu de ce qui vient d'être dit, nier ou affirmer en matière d'art, c'est argumenter et conclure non-seulement pour l'Esthétique, mais encore pour la Religion, la Philosophie, la Morale, la PoHtique et le reste ; la partie est aussi grande que le tout.