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DIXIlblE LKf.O.N. — UEID 425
Les signes de ces qualités tombent sous nos sens; et, comme ils réfléchissent les qualités elles-mêmes, nous attribuons à l'image la beauté et la grandeur qui n'appartiennent qu'à l'original. Le créateur invisible, source de toute perfection, a imprimé sur ses moindres ouvrages des signes visibles de sa sagesse, de sa puissance et de sa bonté. Les ouvrages de l'homme présentent pareillement l'empreinte des qualités mentales qui les ont produits. Son visage et sa conduite expriment les bonnes ou les mauvaises qua^ lités de son àme ; les instincts, les appétits, les afl'ections, la sagacité des animaux se révèlent de même par des signes visibles. Il n'est pas jusqu'aux êtres inanimés qui ne présentent quelques ^ymboles des qualités de l'esprit. Aussi n'est-il rien de propre à l'âme qui ne puisse être traduit par des images empruntées à la matière, et rien de beau dans les objets matériels qui ne tire sa beauté des attributs de l'esprit. Ainsi, tout invisible qu'elle est, la beauté intérieure se fait jour et vient se livrer à notre perception dans les objets sensibles qui la représentent. »
Reid fait remarquer que cette étroite connexion entre l'excellence morale et la beauté était une doctrine fondamentale dans l'école de Socrate, et que Platon et Xénophon la mettent sans cesse dans la bouche de leur maître K Voilà donc encore une fois Reid platonicien, et cette fois ce n'est pas à son insu. Il termine par une observation qui rappelle heureusement la pensée et la manière du grand philosophe : « Soit que les raisons que j'ai alléguées pour - démontrer que la beauté sensible n'est que l'irnago de la beauté morale, paraissent ou ne paraissent pas suffisantes, j'espère que ma doctrine, en essayant d'unir plus étroitement la Vénus terrestre à la Vénus céleste, ne semblera point avoir pour objet 4'abaisser la première, et de la rendre moins digne des hommages que l'humanité lui a toujours rendus. »
Nous terminerons cette analyse de l'esthétique de Reid en rap-