‹ Philosophie écossaiseChapitre 152 sur 199 · Ibid., ]i · texte numérisé non relu

Ibid., ]i

pelant [e caractère qui la distingue au milieu de tous les travaux écossais du même genre : Reid a placé la raison au-dessus du sentiment, comme Hutcheson avait placé le sentiment au-dessus de la sensation. C'est là, avec la théorie de la beauté morale, ce qui fait le prix et l'originalité de cet Essai sur le goût. Nous retrouvons le même cai^actère dans le dernier ouvrage de Reid, dans les Essais sur les facultés actives de /7(om?7îc, qui contiennent sa philosophie morale.

Ces Essais sont au nombre de cinq. En voici les sujets : Premier Essai, De la imissance active en général; deuxième Essai, De la volonté; troisième Essai, Des principes d'action; quatrième Essai, De la liberté des agents moraux; cinquième Essai, De la morale. Reid veut démontrer avant tout que l'homme est un agent moral, puisqu'il possède un pouvoir d'action volontaire et libre. 11 examine ensuite les divers motifs qui influent sur l'agent moral. Enfin, il tire des faits précédents solidement établis leur conséquence légitime, une philosophie morale plus ou moins complète. Dans ce plan, nous ne voyons pas pourquoi Reid a rejeté dans le 1V<^ Essai l'analyse de la liberté qui fait de l'homme un agent moral, au lieu de la placer immédiatement après les deux premiers Essais sur la puissance active et la volonté. Nous croyons donc bien faire de réunir le 1^' , le 1 1'' et le IV^ Essais, comme se rapportant à la même question, celle qui se présente à l'entrée de la morale, si l'homme est vraiment un agent moral, c'est-à-dire s'il possède un pouvoir actif, volontaire et libre.

Telle est en effet la première question que Reid se propose, et il la traite avec toute l'étendue qu'elle mérite. On peut juger par cela seul de l'immense progrès que Reid a fait faire à la philosophie morale. Hutcheson hésite sm* la liberté; il pèse le pour elle contre, et il craint de conclure ^ ; de sorte qu'il s'engage à la recherche d'un système de morale avant de savoir s'il y a un être capable de le réaliser, de résister au mal et de pratiquer le bien. Smith fait

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