Ibid.. p
la cause capable de produire l'effet, » Le principe de causalité nous donne donc, de l'aveu même de Reid, de vraies causes, c'està-dire des causes qui produisent l'elîet qu'on leur attribue. Il ne s'agit pas de savoir si ces causes sont premières ou secondes, ni surtout si nous connaissons bien leur nature et leur mode d'opération : tout ce que le principe de causalité nous en apprend, c'est qu'elles sont et qu'elles ne peuvent pas ne pas contenir en puissance l'effet qu'elles produisent '.
Puisque Reid ne conçoit de puissance active que semblable à la nôtre et douée de volonté, vous croyez qu'il va confondre la puissance active et la volonté, et qu'il entend par la puissance active la puissance qu'a la volonté de produire la volition? On pouvait espérer, ce semble, que l'erreur où il est tombé, la négation de toute cause efliciente dépourvue de volonté, était l'exagération et en quelque sorte la rançon de cette vérité que la volonté est la première puissance active que nous concevons. Il n'en est rien. Reid ne peut pas concevoir une puissance active sans volonté, et il sépare fortement la volonté et la puissance active. Alors, de quelle puissance active parle-t-il?Reidne s'explique point ou s'explique mal à cet égard. Mais s'il ne nous dit guère (|^uelle est cette puissance, il nous dit au moins très-expressément que nous n'en avons pas conscience : qu'est-ce donc qu'une puissance active qui ne s'exerce et ne se déploie que par la volonté, qui pourtant n'est pas la volonté, et dont nous n'avons pas conscience ?
Essai 1'', chap. i''.^ « La puissance n'est pas un objet de la conscience. On s'apercevra que nous n'en avons pas conscience dans le sens propre de ce mot, si l'on fait attention que la conscience est cette faculté par laquelle l'esprit a la connaissance immédiate de ses propres opérations. La puissance n'est pas une opération de l'esprit, et ne peut être par conséquent l'objet de la
1. Sur l'existence réelle des causes, efficientes et involontaires, voyez 2e série, t. III. leçon xixe, clVIniroduciiun auK œnvres rie M. rie Biran, Fragments philosophiques, Pliilusophie contemporaine.