ibid
OIAimivME LEÇON. — SMITH 165
On conçoit que limpression sympathique du spectateur puisse être la source de ses jugements sur la conduite des autres ; mais sur quelle sympathie parvenons-nous à juger notre propre conduite? Voici à quelle sympathie Smith en appelle : « Nous cherchons, dit-il, à examiner notre conduite, comme nous supposons qu'un spectateur impartial et juste pourrait l'examiner. Lorsque en nous mettant à sa place nous partageons tous les motifs qui nous ont fait agir, nous nous approuvons par sympathie pour l'approbation de ce juge que nous croyons équitable et désintéressé ; dans le cas contraire, nous sympathisons avec la désapprobation du spectateur supposé. » l'art, lll, chap. 1 ♦. Smith suppose qu'après avoir agi, nous nous divisons en deux personnes, dont l'une se met à la place d'un spectateur impartial, et dont l'autre est examinée par ce spectateur. Si l'examen est favorable , nous ressentons pour nous-mêmes , jusqu'à un certain point, la sympathie qu'éprouverait im témoin réel; dans l'hypothèse contraire, nous ressentons son antipathie. De là les éloges que chacun de nous s'accorde à lui-même ou le blâme qu'il s'inflige.
Tout en prenant la sympathie pour règle de nos jugements sur la moralité de nos actes, Smith signale des cas qui semblent contrarier l'application de cette règle. Nous sommes, par exemple, exposés de temps en temps à l'antipathie et à la désapprobation des hommes qui nous environnent, au moment même où notre conscience nous rend justice, et où elle nous certifie, par les témoignages les plus clairs, que nouà avons rempli notre devoir. Ce fait irrécusable, Smith le constate aux risques et périls de son système. 11 avoue que l'honnête homme s'estime souvent lui-même, tandis que le monde le calomnie et le méprise ; et il ajoute, sans hésiter, que ce n'est pas le monde qui a raison alors, mais la conscience de l'honnête homme. Cet aveu de Smith soulève une objection grave contre sa théorie. On peut lui dire : Vous, qui supposez que les hommes sont jugés par autrui avant de l'être par