‹ Philosophie et drame [microform]Chapitre 10 sur 10 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

tenir compte de ses écrits en prose. Je n'en disconviens pas. Mais je ne serais pas éloigné de croire que sa véritable pensée ressort bien plutôt de ses œuvres d'art concrètes que de ses dissertations au caractère abstrait. Il y a peut-être plus de vérité qu'il ne paraît dans cette affirmation de Fauteur : « Je ne sais m'exprimer que dans les œuvres d'art. »

Le fait d'avoir contribué à jeter de la lumière sur ces quelques points capitaux ne fût-il que le seul résultat de cet essai, que je ne regretterais pas de l'avoir entrepris. Mais il y en a un autre, qui découle du premier, et qui a bien aussi son importance. En présence des conclusions souvent vagues, et presque contradictoires parfois, que certain commentateurs donnaient à leur étude de chaque œuvre, un doute finissait par se formuler avec une inquiétante persistance. Wagner n'aurait-il donc été qu'un esprit diffus, nébuleux^ jetant au hasard, dans chacun de ses poèmes, le flot trouble de toutes les conceptions qui le hantaient à ce moment? Maintenant, nous savons

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qu'il n'en est rien. En ses œuvres théoriques, il a pu se laisser aller à des généralisations hâtives, mal fondées, et, disons le mot, parfois un peu ridicules. On peut, aussi, non sans fondement, discuter la valeur vraie des conceptions qui présidèrent à la création de ses principaux drames. Mais, lorsqu'on sait de quelles données il part : c'est avec une véritable joie qu'on le voit, fidèle à son idée initiale, gouverner chaque partie de son œuvre de manière à en faire un tout qui se développe non sans une réelle harmonie. Et — même en tenant compte de la part souvent trop grande faite à l'artificiel et au factice — c'est là, ou je me trompe fort, la marque de la véritable maîtrise de l'artiste.

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