‹ Philosophie et drame [microform]Chapitre 9 sur 10 · CONCLUSION Î · texte numérisé non relu

CONCLUSION Î

sa vie des affirmations comme celle-ci : « Les disciples ne comprenaient pas mieux le Seigneur que ne nous comprend un caniche dévoué ! »

Et cependant la pensée maîtresse de sa vie, celle qui l'obséda plus que toute autre, fut une pensée dont l'origine chrétienne ne peut être contestée. On se rappelle la réponse que fait le Christ, dans l'Évangile de saint Mathieu, à un docteur de la loi qui voulait le tenter. « Quel est, demandait-il, le plus grand commandement de la Loi ?» Et Jésus de répondre : « Le plus grand commandement, c'est que tu aimeras ton Dieu de tout ton cœur, dans toute ton âme et tout ton esprit — et que. tu aimeras ton prochain comme toimême. » L'amour! n'est-ce pas de l'amour que Wagner chercha toujours, avec une infatigable confiance, à faire sortir le Salut au sens le plus général? C'est par l'amour que Senta acquiert la force de délivrer le maudit. C'est par l'amour d'Elisabeth que Tannhaeuser est arraché de l'emprise de Vénus ; par son âme aimante qu'Elisabeth elle-même pénètre les véritables décrets de

Dieu. C'est par manque de foi en l'amour qu'Eisa perd son bonheur. C'est parce qu'il souffre de son impuissance d'aimer que Wotan aspire à disparaître ; et c'est par son Waelsung et la Walkûre, tous deux enfants de son amour, qu'il prépare l'avènement de cette humanité « que seul rendra heureuse — l'Amour ». Tristan et Isolde n'apprennent que par l'amour la vanité de cette vie ; et ils la quittent pour se perdre dans le royaume bienheureux (de l'amour) de la Nuit. Enfin, si, dans Parsifaly il est prêché la négation du désir, cette négation n'est pas autre chose que « l'amour né de la compassion », qui seul peut donner le bonheur à l'humanité. Certes, c'est en des sens souvent différents que Wagner emploie ce magique terme d'amour. Il n'en est pas moins vrai qu'il y a là l'indice d'une préoccupation, sinon toujours bien définie, du moins toujours constante^ et l'indice d'une préoccupation incontestablement chrétienne.

On objectera peut-être que la pensée de Wagner n'est pas toute en ses poèmes et qu'il faut

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