‹ Philosophie et religionChapitre 103 sur 128 · DANS U FRANCE DU XIX* SIÈCLE · texte numérisé non relu

DANS U FRANCE DU XIX* SIÈCLE

surnaturel. Nous ne Noyons pas la raison de croire qu’il

y ait eu dans l’histoire d’événements surnaturels

Le merveilleux, le surnaturel, c’est l’imagination de l’homme '. » D’autres pasteurs, mis en demeure de s’expliquer sur la divinité de Jésus, déclarent que, selon leur croyance, il est uni à Dieu, non pas substantiellement, mais moralement *. N’est-ce pas dire avec M. Rodrigues que Jésus-Christ est simplement le dernier des prophètes? Des églises dissidentes, des écoles de théologie et d’un certain noyau de rationalisme populaire qui s’est formé également dans toutes les communions, ces idées ont passé dans un autre milieu. Elles ont trouvé un organe dans la presse. Il existe depuis deux ans, à Péris, une association et un journal qui s’appellent l’Alliance religieuse universelle. La devise inscrite en tête de cette feuille nous offre un résumé fidèle des opinions qu’elle défend : « Religion rationnelle et progressive fondée sur les lumières naturelles. Libre examen, raison, conscience, autonomie individuelle. »

Est-ce à dire que nous soyons obligés de souscrire aux conclusions du livre de M. Rodrigues? Faut-il croire que la raison, en interprétant selon ses lois les vieux textes bibliques, soit sur le point de créer une religion universelle? Nous ne le pensons pas. Avec le libre usage de la raison on peut fonder une philosophie, on ne fondera jamais une religion. La feligion et la philosophie sont deux choses essentiellement distinctes ; elles répondent à deux états de l’âme humaine complé-

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