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2. Voyez, daDS C Alliance religieuse universelle, année 1866, une série d'articles sur la Crise du protestantisme.
LE RATIONALISME RELIGIEUX
tement différents, et sitôt qu’on veut ou les mêler ou les asservir l’une à l’autre, on enlève à chacune d’elles son caractère propre, le principe même qui lui donne la vie et l’existence, on les dénature, on les dissout, on les détruit toutes les deux. La philosophie réclame une liberté sans limites, car sa première condition est de ne céder qu’à la force irrésistible de l’évidence. Aussi les textes, les traditions, les livres consacrés par la vénération des peuples n’entrent-ils dans ses spéculations qu’après qu’elle les a transformés dans sa propre substance ou quand elle s’est décidée à les considérer comme la simple expression de certains états, de certains phénomènes naturels de l’esprit humaiu dont il lui a été donné de chercher les lois. C’est ainsi qu’a pris naissance la philosophie des religions, qui n’est qu’une partie de la philosophie elle-même. La religion, au contraire, ne subsiste que par la foi, ce qui revient à dire ' qu’elle a besoin de dogmes et de mystères. La vérité pour elle n’est point la découverte laborieuse de l’homme, mais le don gratuit de Dieu; elle la croit descendue du ciel par des voies qui ne sont point celles de la nature, par conséquent elle ne peut se passer de surnaturel, et il faut qu’elle le place à la fois dans les dogmes et dans la manière dont les dogmes ont été révélés, dans les mystères et dans les miracles. Sans mystères, l’intervention divine était superflue, puisque la raison humaine aurait pu trouver ce qu’elle est en état de comprendre. Sans miracles, l’intervention divine n’aurait pu se manifester en dehors des lois ordinaires de la nature.
Tout ce que nous avons dit de la religion s’applique exactement au culte, qui en est une partie inséparable.