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Philosophie et religion [microforme]

prémices de ma parole d'Apôtre. C'est le recueil de mes premiè. res leçons ; je vous les transmets, non pas sous le titre ‘*Apolo-

gétique” parce que le mot est trop relevé, mais sous le titre plus

modeste ‘*‘Philosophie et Religion”. Il sera pleinement justifié par la division de l'ouvrage.

Soyez actuels, c’est-à-dire de votre temps. Aïinez-le sang

flatterie, car, il n’est pas exempt de toute misère; Jugez-le sans

Amertume, car il est digne d'amour ; servez. le avec dévouement, Mais sans buseeese ni Parti pris, Soyez.en l'Apôtre et non Je rectaire, Je Juge et non l’esclave, Attachez. vous au Christ et 5 L'ON aux vains Systèmes, Lis théories sont éphémères, les sys. tèmes Present, seuls Je Christ et en Parole ne Passent pas, Les Systèmes sont incomplets Pourquoi donc Jeg subiriez.vous ? Ilya en chacun d'eux, Plus où Moins de vérité, plus ou Moins d’er. reur, Acceptez Ja vérité et rejetez l'erreur, Peu importe Ja fange, pourvu que Vous y trouviez des perles, Accentez Je bien Partout où vous Je trouverez, sans Vous‘inquiéter de Savoir quile

Propage et d’où il vient, Ne Soyez pas de cet esprit sectaire qui ne voit et ne connaît de Vérité, de générosité et de justice que chez les siens, de cet esprit étroit et mesquin, aveugié par Ja passion, qui même chez un chrétien ne Saürait être l'esprit du Christ,

Agir autrement serait faire tort à Votre cause et déprécier Ja religion qui en souffrirait à cause de vous, N'imitez Pas en cela

le avec dévouement,

| l'Apôtre et non le

eZ-Vous an Christ et !

| éphémères, les sys.

€ Passent pas, Les subiriez.vous ? 1] ya lus où Moins d’er.

Peu importe Ja * Accehtez Je bien ter de savoir qui le esprit sectaire qui et de justice que \veugié par Ja pasl'esprit du Christ, se et déprécier la mitez pas en cela ur lesquelles le hensible ou nul, heurs hardis ou

Île récompense

Spiritus meus qui eat in le, el verba mea quae posui in ore tuo, non recedent de are tuo et de

ore seminis tui, dicit Dominus, «modo et usque in sempiternum.

Ces paroles, le prophète les adressait an Christ et À son Eglise,

La liturgie catholique a ern devoir les appliquer À notre Père St Dominique et à sa postérité, Comine pour les sanctionner, Dieu donnait dès le commencement à cet illustre patriare digne fils et successeur, frère Thomas D'Aquin.

L'Eglise entière a salué son glorieux avènement et n’a cessé, depuis, de le proclamer le plus grand de ses poètes et le plus su. blime de ses docteurs,

Il eut la toute-pnissance du génie, et sa gloire à jamais immortelle est d’avoir dènoué le nœud gordien de cette difficulté inextricable : ‘es rapports de la Raison et de la Foi.’

Ai-je besoin de vous dire cr’avant Thomas D’Aquin il n’est pas un docteur, pas un théologi:u qui ait marqué au le point de jonction où coufondre ?

he, pour trèe

ssi clairement ces deux grandes sœurs s'unissent sans ge

Thomas D'Aquin fat à la théologie catholique ce qu’Aristote avait été à la philosophie païenne. Aussi, pour désigner ces deux grauds génies qui ont exercé le souverain pontificat, l’un au point de vue de la raison, l’autre au poiut de vue de la foi, il suffit de dire *‘le Philosophe” comme on dit ‘le St Docteur.”

Remonter jusqu’à leur source ces deux grands fleuves de la vérité divine et humaine, en sonder la profondeur, en explorer les rives, indiquer le point de Jonction où, tout en opérant leur union, ils conservent quand même leur distinction, en un mot établir l’har. monie entre les deux, fixer ainsi et à jamais le pivot sur lequel l'intelligence humaine devra évoluer jusqu'à la fin des temps, telle

a été l'œuvre gigantesque exécutée par ce moine, Prodige de seiers. ce, merveille d'humilité, vrai Phénomène d'un siècle dont la toutes Puissanee de l'activité et du génie déronte k demi-savoir de som époque et exeite l'admiration dy monde,

On a pu dire dde Jui Qu'il avait endoctriné l'Eglise, Le inot est: fort, mais, je le Maintiens, Parce qu’il est juste et bullement exagéré. Frére Fhomas à réeliement eudoetviné l'Eglise ; il em est par excellenee le docteur, le théologien,

Vous vous Attendez peut. être à ce que Je vous invite à exploer avec moi les phases diverses de la vie de St Thomas, à ee que: j'étale sous vos Jeux les grâces de Choix dont la Providence avait orné, avec tant de Drodigalité, sa grande âme Pour la gloire de l'Eglise et l'achèvement d'une ‘uvre sh importante ? Ce u'est pas le but que je me Propose et je m'estimerai benreux si je puis arri.

révéler La Cause première de SON aseension vers Dieu, foyer nique d’où rayonnent les sublimes clartés de toute lumière et de toute

Quelle à done été 1n cause immédiate Qui a fait monter vers Dieu, par une ascension Continnelle, l’intelligenee de frère Tho-

L'œuvre de Tomas D'Aquin, #VONS-rous dit, a été de révéler {accord de la raison et de la foi, de fonder ‘‘cette seience de leurs rapports” que nous appelons Théologie,

Car remarquez le, la théologie d'est pas la foi, ais bien la science de la foi,

C’est l’exposition et la défense des Principes de Ja foi par la raison, D'où il suit qu’il n'y a pas de science théologique sans philosophie, Puisque la se que l’application de toutes les Connaissances humaines à l'étude des mystères divins, Aussi n'est-çe qu'après avoir tont 2pprofon-

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di, qu'après avoir parcouru le eyele entier des connaissances lmmaines, qu'après asoir acquis réellement et dans toute {a force de terme, 1C Gtre non-seulement d'érudit mais de savant, qu'on peut aspirer au titre plus glorienx de docteur, de théologien.

La science théologique n'est et re peut êtie que la réunion des deux vastes domain:s rationnel et supra rationnel. Klle contient d'abond toutes les vérités révélées et toutes Îes conséquences qu'une raison logique peut en tirer ; elle contient, au second rang, toutes les explications rationnelles qui, appuyées sur la philo-ophie et sur {a science exyrérimentale, montrent les hautes convenuances des dogmes et la meilleure harmonie de teurs lois avec les lois de la nature et les principes de la raison.

Chaque science, en effet, n'est-elle vas une voix qui nous parle de Dieu?

N'est-ce pas l'étude vhilosophique de l’Ame qui nons fait entrevoir l’ineffable mystère de la Trinité? Les sciences naturelles et les sciences expérimentales ne donnent.elles pas une explication insuflsante, mais nécessaire, des grandes vérités, comme, par exemple, la formation du monde et la création de l’homme ?

Dès lors ne voit on pas que les connaissances des hommes qui sont où veulent être des docteurs dans l'Eglise, doivent avoir la note caractéristique de l’universalité ?

Quel n’a donc pas été Thomas P’Aquin qui a rassemblé tous les éléments épars de la science divine et humaine pour en formec un corps de doctrine et élever à la gloire de Dieu le plus beau mo uument de son enseignement sublime ?

Quel génie que cet homme! On dirait que la nature l’a créé avec plus de soin que tout autre et qu’elle s’y est longuement pré. parée. Né d’un ordre théologien, disciple d’Albert le Grand, il devient maître parmi ses frères, Dieu l’avait magnifiquement doué pour ce rôle. Grâce à sa supériorité, à sa droiture, et à sa pénétration, cet esprit chercheur s'élevait sans effort jusqu’à Dieu ; il doginatisait en s’élevant à des hauteurs où l’on avait peine à le suivre pour en redescendre également sans effort jusqu'aux extré. mités de la hiérarchie des êtres ; ilinterprétait par les relations qui constituent l'essence divine, celles qui constituent l'essence des choses, A l’aide d’un mouvement contraire, il constatait et vérif. ait lee lois de l’incréé et de l'infini par les lois du créé et da fini.

Tel est1 "esprit scientifique qu’il nous importe d'étudier ensem- Lle, Qu’est ce donc qu’un esprit scientifique ou mieux encore qu'est-ce que l'esprit ? “L'esprit, (Pare Ta 9 XXXVI art. 1) dit St Thomas, désigne une impulsion, une notion quelconque qui influe

O vous les ardents qui aspirez anx grandes entreprises et aux Navigations lointaines, arrêtez ! quel est Votre vaisseau ? Est.il s0lidement Construit? Ses mâts sont-ils droits et fixement plantés ? Ses voiles sont-elles amples et ses vergues habilement disposées ? Si oui, Soyez sans crainte. Votre vaisseau Pourra braver la tempête. Marchez de l’avant, vous êtes des braves et ne vous laissez jamais intimider Par cette légion de faux prudents toujours prêts à la critique, mais incapables d'avancer et de vous suivre, Ils n’ont que des barques désemparées et, dans leur impuissance à s’élancer au large, ils n’osent ni AVancer, ni reculer et restent au Dort, sans jamais goûter le mystérieux des flots.

tout autre, à ces Poursuites acharnées et à cette injuste critique, Mais, que lui importent toutes les critiques, toutes les rafales, tous les coups de mer? Intrépide, l'œil fixé sur la science, et la raison sur Dieu, il affronte résolument les eutreprises les plus ha. sSardeuses et les excursions les plus lointaines. Gloire à son audace autant qu’à son génie !

À quoi bon les plus grands esprits, s’ils sont paralysés par la timidité, si, indécis et semblables à des timoniers trembleurs, ils n’ont été donnés au monde que pour tâtonner et tourner sur place avec leur petite barque, dans leur petit archipel, autour des

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M 1, mêmes petits écueils, fuyant et se cachant sans cesse dans les détours et dans les anses ?

Thomas ne counaît point ces effarements. Comme le pilote, qui, d’une maiu ferme, tient le gouvernail et dirige avec précision son navire au milieu des flots, il s’élance dans l'inconnu ; sous l’impulsion de son génie aventureux, et, guidé par son jugement, il passe À travers tous les méandres de l’erreur et trouve enfin la vévité,.

Esprit scientifique, Thomas D’Acrin fut auss: et nécessairement un esprit progressiste. e

Le progrès, l’amélioration, l'agrandissement, voilà bien le caractère propre, éminemment élevé de cet esprit chercheur. Avancer toujours jusqu’à l'extrême limite de toutes ses facultés, de tout son être, voilà la suprême ambition, le dernier mot de toute cette vie.

Quelle leçon pour la jeunesse actuelle sans idéal, sans ambition, pour cette légion de dégoûtés de vingt ans, incapables de toute inspiration, de toute curiosité, de tout effort sérieux! Dieu uous délivre d’une pareille race ! De grâce, laissons à la vieillesse seule le temps et le goût d’être blasée ; car, pour l'être, la vieillesse du moins a ses raisons! Mais pour nous, À la fleur de l’âge, nous dominicains, disciples et frères de St Thomas, être blasés serait une honte et un non-sens. D’un autre côté, une tendance qui n’est pas sans danger, mais que je comprends et admire, c’est la jeune vivacité de l'intelligence toujours en éveil, de l’esprit insatiable qui, aiguillonné par le désir de tout savoir, dévore tout sans modération et sans choix. J’aime dans un jeune homme de vingt ans, cette faim intellectuelle qui augmente sans cesse et s'efforce de s’assouvir jusqu’à ce qu’elle arrive par ses excès à épuiser le corps. Voilà ce que je t’envie, heureuse jeunesse! Ce iest nita fraîcheur, ni ta souplesse, ni ton âge que j'envie, mais bien ton avidité de tout savoir, ce don merveilleux de dorer tous tes rêves et de prendre pour réalité ce qui n’est que mirage, cette force dans tes convictions, cette étonnante opiniâtreté à supprimer Où à nier tous les obstacles, à rire an nez de l'évidence et à toujours croire que demain la science et le monde t’appartiendront.

Or, pour frère Thomas, ce sublime lendemain fnt une réalité. Thomas D'Aqiain a voulu Dieu, Is, perfection, l'idéal ; et à force d'étude et de recherches, dès ici-bas, il l’a trouvé. Et ne l'aurait. il pas Pouisuivi avec Passion, il l'aurait recherché par devoir, Lui. même nous en dons lu preuve dans son immortel Ouvrage appelé

lu Somme contre les Gentils.” La fin (Cont. Gent. livre F Chap. [) de tout l'univer

8 C’est le bien de l'intelligence C-à-d. la vérité et c’est à la considérer et “l’approfondir que le docteur doit, avant tout, consacrer tous ses efforts et tous ses soins.” Voilà ce qu'il enseigne ; ai-je besoin d'affirmer que c’est aussi ce qu’il fait ?

Cet esprit avide s’élançant dans l'océan lamineux des mondes pour ÿ chercher et ÿ trouver tant de l'Ayons nouveaux, inter- 08e tous les secticrs et toutes.les Voix, recueille et réunit en un faisceau j:squ’à Ja moindre parcelle de vérité. I] explore le do- Maine immense de la raison et de la révélation. 11 réussit à les Mettre d’accord et à leur faire vibrer à l'uni

Voulons-nous avoir une idée du travail énorme exécuté par frère L'homas ? L’Ecrituie Sai i milière qu’au témoignage ins, il la savait tout entière par cœur. La Tradition et le

8 Pères ne lui étaient pas mpins Connus, il les possédait à nn tel degré que, dans un seul de

ses ouvrages, il cite vingt-deux Pères latins et soixante Pères

Grecs, Cette Compilationsi riche a été surnommée ‘la chaine d’or’? et l’on a dit avec uu peu d’

désormais de lire les Pères.

nous donne ce qu'ils ont de comme autorité, quarante-et.

8. Iluminé p re les lignes inv sans la 'éstréindre ; de ces haute de Ia raison. Il cherche les tr

ariables qui encadrent sa pensée urs, il redescend dans le domaine aces de la vérité dans l’histoire des aissances historiques et les horizons ui permettent : il les cherche dans les

ans les infiment petits. Le langage de la nature lui exprimait s1 Parfaitement la vérité et l’existence de Dieu qu'il consacra Quatre (Cont. Gent. liv IT Cha. I. IL, II. IV.) Chapitres entiers de la Somme contre les Gentils Pour leur lecommander la lecture de ce grand livre, jes prier d’en admirer

ut une réalité.

|; et À force it ne l'aurait.

"devoir, Lui.

vrage appelé ivre I Chap.

l. la vérité et doit, avant il ce qu'il ’il fait ?

x des moneaux, interéunit en un lore le doussit à les : de Dieu.

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