TL, III
ur leur admirer
les beautés et d’en écouter tous les accents, afin que ces accents, dit-il lui-même, puissent émouvoir leur cœur et élever leur intelli gence jusqu'à la contemplation et à la Connaissance des mystères de Dieu. Dans ses deux Sommes il a compilé et condensé, à côté de tout ce que le Christ et la révélation ont apporté de dogmes et de lumières, tout ce que la philosophie a conquis en fait de vérités incontestables et d’axiomces parfaits et tout ce que les sciences naturelles avaient jusqu'alors donné au monde, Chimie, physique, mathématiques, astronomie, droit politique, sociologie, architecturé et beaux arts, il les interroge tour à tour et demande leur mot sur Dieu. Des sciences, de l’histoire, de la doctrine des Pères, il passe à la lecture de Platon et d’Aristote, d’Euclide et de Ptolémée, de Cicéron et de Sénéque, d’Horace et de l'érence. I l n’est pas jusqu'aux auteurs les plus suspects qu’il n'ait consultés et étudiés.
Ils en ont crié au scandale tous les mystiques et les dévots de son époque! Il y a, dit Pascal, quatre sortes de bersounes ; zèle sans science; science sans zèle ; ni zèle ni science ; zèle et ecience. Les trois premiers condamnent, seuls les derniers absolvent. Ces derniers ne sont-ils pas le très petit nombre ?
El ! quoi? C’est encore un Dominicain qui donne l'exemple ? C’est encore un de ces savants dont la science suspecte est puisée dans des livres mis à l'index? Tel est le cri indigné et hypocrite des plus violents, tandis qu’une légion de bons enfants, incapa. bles de penser par eux-mêmes et ne jugeant que d’après les autres, approuvent et se redisent :
‘A quoi bon interroger des hérétiques, des païens ? N ’avonsnous pas toute lumière, nous qui possédons le Christ et son Egli-
8e? Qu'on étudie les conciles et les Pères, à la bonne heure!
wais étudier Platon et surtout Aristote, quel scandale !”’ L'attaque n°est pas nouvelle, et St Thomas, pour se défendre, aurait pu leur répondre comme St Jérome (St Jérome hb. II Epist. I ad. Mag.) ‘Tous lés auteurs, excepté ceux qui n’ont rien appris, ont fait ressortir et mis en lumière au moins une parcelle de vérité”. S'il en est ainsi, pourquoi ne Pas s’enrichir de cette précieuse parcelle, de ce qu’il y a de beau et de bien, de vrai: et de lumineux chez les incroyants et les païens eux-mêmes ? Pourquoi ne pas prendre ce qu'il y ade grand et de généreux, de délicat et de divin dans la Cinlectique de Platon ou la morale
d’Aristote pour en orner notre doctrine, et à l’ mas, en faire naître des enfants à Dieu ?
de la science libre ne peuvent s’empêcher témoignage à la justice et à Ja vèrité, quel avantage n’avons-nous Pas à nous servir coutre eux de leurs propres aveux ? Comme l’af. firme St Thomas : ‘Le témoignage d’un adversaire est ce qu'ily a de plus fort” (De Trinitate Proemium 9 II art, III ad 8um) Comment dès lors, oserait-on reprocher à ceux qui la défense de la doctrine, d'acheter.
suspects, même mis à l'index ?
Si St Thomas n'avait pas étudié Platon et Aristote, rait pas composé sur les anges ce sublime traité don té dans la forme et la grandeur de la Conception lui ont mérité le titre de docteur Angélique. Si, parmi ses prédècesseurs, il n'avait consulté que les Pères et le Maître des Sentences, il n’aurait pas fait de la Théologie catholique, la reine des sciences.
Ce fut pourtant son crime. Novateur! cria-t-on de toutes parts.
Pieux conservateurs, vous à qui nous devons l’avancement du monde, on plutôt, dison grades ! que faut.il pour être parfait ?
les commandements ? uon évidemment ; gressistes, les principes du maître,
Mais le principe de ces obnubilés, passez. moi le mot, le voici dans toute sa précision, tant il est vrai qu’il suffit de parler peu Pour ne rien dire, *‘Soyez conservateurs et vous serez Parfaits’” (Père Didon) ‘Conservateur Comme si le mot conserver était un mot évangélique, comme s’il n’était pas la négation de l'Evangile, Se conserver laissez cela à Dieu, parce qu’il est l’Infini ; mais vous, vous dont la vérité est relative, dont Ja justice est limitée, vous
qui êtes en: Mouvement, vous devez avancer toujours. Vous avez la révélation, direz. vous ? Mais la révélation ne grandit-elle pas dans ses effets, dans ses applications, dans cette sorte de fièvre qu'ella communique à l'humanité, Que Youlez-vous donc conser. ver? Vos imperfections, Vos limites, vos misères? C’est trahir Dieu qui vous a créés pour grandir sans cesse et si vous vous dérobez à son impulsion divine, Dieu suscitera des altérés, insa. tiables, pour perpétuer dans l'humanité qui doit et veut grandir, cette soif dont le Crucifié a éprouvé le supplice et dont ii x jeté à
exemple de St Tho- Puisque même les chefs h quelquefois, de rendre
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la face du ciel et de la terre, le cri poignant, immortel.
En cela, comme en tout, il est notre ‘*imodèle’”? nous bouleverser les cadres dans lesquels vous avez : taller votre vie égoïste et tranquille, dussionsla conviction que ce qui est aujourd’hui ne sera pas demain, que votre tente est éphémère, qu’il faut la rouler et la transporter ail. leurs, disciples de celui qui a été altéré de tout bien, de toute jus. tice et de toute perfection, nous vous ietterons avec lui et après lui ce cri émouvant et terrible : Sitio."”
Voilà ce que disait le plus célèbre Dominicain de violemment attaqué par les rétrogrades qui lui reproc amour du progrès et l’accusaient d’ Cependant le Père Didon ne se montrait en cela que le disciple de Léon XIII, ce grand excommunié de la taupinière Conservatrice, de ces catholiques tarés qui sont ou ne paraissent être chrétiene que pour renier le Christ, sinon par leur Parole, du moins Par leur conduite, Cet octogénaire qui a, de son siècle, et la verdeur d et la jeunesse des idées, a dit avec fierté : sommes les deux plus vieux souverains plus jeunes par l’esprit.” Qu'on vienne d comme une insulte, ces mots ‘de Novate Nous avons le droit de répondre au nom du Christianisme tout en. tier ‘:Novateur, progressiste,” nul ne l’a été autant que le Christ, le rénovateur et le Sauveur du monde.”
Aux témoignages de Léon XIII et du Christ faut. celui des saints ? Eh ! quoi ? s’écrie Clément d'Alexandrie ment d'Alexandrie: Exhortations aux Gentils ) on oppose maintenant à l’esprit de progrès, l’esprit de Conservation ? et qu’enten. dez-vous par là? Direz-vous qu’il n’est Pas permis de bouleverser les usages qu’on a reçus de ses ancêtres ? Et Pourquoi donc ne re. venez-vous pas À votre premier aliment, au lait auquel vous habi. tuèrent vos nourrices quand vous ne faisiez que de naître? Pour. quoi avons-nous renoncé aux choses que nous faisions quand nous étions enfants? Ne nous sommes.
+ dussions. ‘éussi à ins.
nous vous inspirer
nos jours, haient son avoir pensé vingt ans trop tôt.
’âme ““Gladstoiie et noi nous
de l’Europe et les deux onc nous jeter au visage, us et de progressistes 2°
il ajouter » (St Clé-
nous pas corrigés par la force
même des choses et sans avoir besoin de maîtres ?
Tant il est vrai que les innovations et 1 pugnent jamais aux grands esprits,
‘“L’'humanité, a dit Aristote, (Politique) doit chercher non
es remaniements ne ré-
ractère naît une Cons alité
—]#— ce qui est ancien, mais ce qui est bon, U Vateur de la veille et libéralisme et de lie bas des conservateu
! Contemporair, conwer- ‘aujourd'hui même on ne se
aurait taxer de e- pensée ; le Conte de Mun a osé dire nom 8, Mais du clergé de France dans son attitude et dans sa marche à travers les temp
& présents : ‘Sons Je rapport des idées, notre clergé Voyage à pied, lorsqu’ot Voyage en diligence, il va en diligence lorsqu'on va en chemin de fer; et il se Mouverx à la vapeur lorsque nous en seiïons À l'électricité. S'il en est ainsi du clergé de France, qu’en est-il du nôtre ? Malheueux me direz-vous ! vous atlaquez le clergé et les évêques, vous. êtes un révolté ! “Je n’attaque er n'incrimine Personne, Je dis simplement la vérité, Les évêques du Canada, je les vénère isolés comme les chefs de leurs diocèses, réunis Conmne les chefs de notre: église. Assurément, ils ont, dans leur diocèse et dans le Canada, une autorité légitime immédiate. Toutefois, lorsqu'il s’agit d'inté. rêts concernant nou-seulement un diocèse et une église, mais-TK. glise tout entière (Car aujourd’hui toutes les églises se touchent, celles d'Allemagne, d'Angleterre, d'Italie, de France, de Belgique et d’Amérique,) vous voulez que les évêques du Canada puissent se prononcer SOuverainement ? Je ne le crois pas, je vais. plus loin. Quand, avec eux ou malgré eux, le Pape manifeste reg volontée son (lélégué, nous serions inconséquents.
ions acte de soumis "accomplir ce qu’il VEUL que nous ac-
pour la trop fumneuse question du libé.
ralisme canadien et pour tant d’autres Questions qui ne sont qu’à
l'état d’einbryous, Il faudra pourtant trouver à ces Questions une solution quelconque.
Ea fait de dogmes, bien plus, en ce qui concerne des vues générales sur n'importe quelle question, j’obéis aux évêques, mais aux évêques unis an Pape c’est-à-dire en Conformité d’idées ave lui sur ces mêmes questions.
Es dehors de Ja
» je tiens à mes propres Dres tendances, car
On aura beau faire, les CRE
Esprit de reclrerche et esprit Pr'ogressiste, voilà bien nous l’a-
VOns vu, le caractère Propre, distinctif de St Thomas. De ce ca-
équence indispensable, la recherche de l’actr-
opinions, 4 mes pro- Opinions sont libres.
A os
“à Ds +
'Poraïr, conser-aurait taxer (le * Osé dire nom ns sou attitude sous le rapport Oÿyage en dilile fer; et il se Ctricité, ‘S'il tre? Malheuévêques, vous.
sonne. Je dis Vénère isolés hefs de notre.
is le Canada, s’agit d’inté.
ise, mais TE se touchent, ; de Belgique ada puissent is plus loin.
ses volontée Conséquents.
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à mes prot libres.
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