‹ Philosophie et religion [microforme]Chapitre 73 sur 103 · LOI DE CHUTE · texte numérisé non relu

LOI DE CHUTE

L'homme depuis la chute a été comme fatalement et irrésis. tiblement porté À ravaler tout à son niveau, À matérialiser son Dieu comine son esprit et À l’assiniler soit aux phénomènes, soit aux circonstances qui l’envirounent. D'où ce besoin d’un Dieu matière d’un Dieu sensible que l’on retrouve à toutes les époques et dans tous les pays à travers l'histoire de l'humanité, ce besoin d’un Dieu sensible qui à inspiré toutes ces incarnations que l’ou retrouve dans presque toutes les religions sous des formes diverses, ce besoin d’un Dieu sensible qui, malgré les avertissements et les menaces, a jeté tant de fois les Hébreux eux mêmes daus le polythéisne et l’idolatrie, ce besoin d’un Dieu sensible qui a con traint Dieu lui-même de se choisir un peuple pour mainteair, au moins dans un coin du monde, cette vraie et grande notion d’un Dieu unique et d’un Dieu espriL.

La première cause est donc la faiblesse de l’esprit lequel, subissant la loi des sens, est sujet À tous les écarts et À toutes les erreurs. Etant donnée cette loi fatale, ce penchant irrésistible À la décadence et à l'erreur, comment pouvait-on empêcher toute al. tération de ces données primitives, sans uue autorité constante, puisque, même cette autorité existant, comine ehez le peuple Hébreux par exemple, il est impossible de maintenir toujours les esprits dans le vrai? Comment l'humanité s’y serait-elle maintenue alors que le peuple élu ne pouvait s’habitner à l’idée d’un

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Dieu invisible et pur esprit? Il est facile d'imaginer jusqu'où pou. vait aller le reste de l'humanité laissée à elle-même, sans guide pour la conduire, sans autorité enseignante pour l’éciaiver et arréter l’homme dans ses écarts et dans ses déviations concernant certains dogmes et en particulier la révé'ation primitive, Que de soucis et d'efforts n’a.t.il pas fallu de la part de Dieu pour maintenir dans son peuple les traditions mosaïques et l'intégrité de sa foi et de ses doctrines! En vain il multiplie les prophètes et les proliges ; en vain il menace, châtie, relève de ses chutes son peuple oublieux et Goiniâtre qui retourne sans cesse À Baal ou sacri. fie au veau d’or. S'il fnt si difficile de conserver intactes les tra ditions divines chez un petit peuple, quels obstacles ve de Pas surgir de l'humanité tout entière l sant toutes les influences ?

vaient aissée à elle-mêine et subis.

En me plaçant uniquement au point de vne de la raison, j'ose aflirmer que les différences qui se rencontrent dans les religions sont très bien expliqnées par le monothéisme primitif, À cause de la difficulté presque insurmontable qu'avait l'humanité de retenir la tradition de la ‘‘révélation primitive”,

Abstraction faite de la foi, et me mettant au seul point de

vue de la raison : jereconnais et j'aflirme qu’une double cause

coutribuait à corrompre la tradition.

(a) La première, c’est la Conception naturelle de l’homme dans laquelle les données des sens Concouraient à détruire en lui “lanité de Dieu”, ‘la notion d’un Dieu esprit” comme le remarque Aristote, qui ne se préoceupait gnère de lachnte. Le peuple trop matériel et trop peu cultivé, est incapable de s’élever à la notion d’un Dieu immatériel et pur esprit... ; c’est pourquoi il a déifié la matière et s’est mis à adorer Dieu sous les formes diver. ses de la nature.

(b) La seconde Cause, c’est l’absence d’une autorité enseignante pour empêcher la Corruption des preiniers enseignements et d’une autorité permanente pour garder ces notions primitives, etant donné surtout que, selon la foi, cette révélation n’était pas le fruit de son travail,

Nous pouvons conclure que la forme religieuse primordiale de l’humanité est le ‘‘monothéisme”. Avons-nous donné une s0lution absolument certaine, un argument apodictique, comme on dirait daus le langage de l'éccle ? Nous ne le prétendons pas ;

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