CRITIQUE DE L’ANIMISME
Monsieur l’Abbé de Broglie dans son histoire des religions nons montre l’extrême faiblesse de ce systè ne au double point de vue théorique et historique.
Dans sa partie théorique ce système a le défaut très grave de s’appuyer sur la donnée très incertaine de l’évolution appliquée ‘‘dans un ordre purement moral” à l’idée relig ense.
Quoiqu'il en soit de cetre théorie religieuse très rudimentaire et datant de l’oncle Kangourou ou du grand père Orang-Outang, elle n’en reste pas moins à l'état d’hypothèse basée sur nne autre hypothèse qui est le Darwinisme, théorie encore incertaine et non prouvée.
Mais passe encore pour cette double hypothèse qui, loin de nous nuir, va nous servir admirablement à réfuter notre théoricien Hollandais par lui-même, D’après lui le sentiment religieux dût apparaître chez l’homme dans son état le plus rudimentaire et le plus imparfait— S'il en est ainsi, je suis en droit de rejeter à pri. ori l’aniuisme comme religion primitive de l’homine. Voilà le vice radical de ce système, Comment en effet l’animisme ou | culte des esnrits tiré, non pas des phénomènes extérieurs, mais de l’âme humaine, pourrait-il être considéré comme forme «| lufent primordiale et imparfaite du sentiment religieux chez l’homme primitif encore singe aux deux tiers? Comment cette distinction nettement déterminée des esprits et des corps est-elle le point de & «rt religieux de cette espèce de chimpanzé lorsqu'après quarante » :':: Île Lhilosophie et de civilisation, lorsqu’au siècle d'Augu::?, : “cie qui a donné son nom à la plus haute ci. vilisation paicrie & ri sit jamais e “isté, nous trouvons ces notions encore vagues? L':nimisme est trop complexe pour un début, et si c’est à, comme il l'affirme, ce qu’il a trouvé de plus rudimen-
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taire dans ses études sur les religions antiques, ces idées, ou cette forme même trop élevée, loin de conclure contre le monothéisme et la nécessité d'une révélation primitive, semble au contraire les poser, Que signifie en effet la Conservation de ces plus hautes conceptions au milieu de cette décadence et de cet abrutissement Sans nom ? Ou mieux encore, pour parler le Inngage Au rationalis. me, si ces peuples primitifs, abrutis d'antan n'ont pas pu inventer eux-mêmes ces hautes conceptions et ces sublimes idées, d'où leur venaient-elles? Ne seraient-elles pas par hasard les derniers vestiges d’une révélation perdue ?
Au point de vue des faits, l'affirmation de Monsieur Ticle v'est pas plus heureuse, Le grand fait historique sur lequel Mon sieur Tiele s'appuie n’est encore, ne lni en déplaise, que Ja plus hardie des hypothèses, Perdu dans je ne sais quelle antiquité brébistorique, il nous montre les peuples les plus anciens de l'Egypte, de l'Asie, suivant une religion tout À fait analogue à celle décrite par lui.
Hyÿpothèse absolument gratuite contre laquelle nous nous Contenterons de répondre Par les documents Listoriques sans cou. tredit les plus reculés, Nos répondrons par les premiers chapitres de la Genèse qui, d’après la paléographie et selon toutes les probabilités, ne sont que des morceaux détachés des anciennes croyances apportées par Abraham de lu Chaldée, et, sous l'inspiration de Jéhovah, inscrites par Moïse dans son livre. Nous ré. pondrons par ces premiers Chapitres de la Genèse qui, par des données précises, nient formellement l'existence de pareil fait. En second lieu l'Inde, si voisine du berceau du génre bumain et habitée de si bonne heure, l’Inde ne renferme absolument aucune trace d’animisme tel que décrit par Monsieur Tiele, Nous en
avons la preuve incontestable dans les Védas. La religion Indoue et la religion Challéenne sont Pourtant de toutes les reli. gions connues les piys auciennes.
Le fait sur lequel Monsieur Tiele appuie sa comparaison en. tre sa prétendue religion primitive et nos religions sauvages a.t-il du moins quelque fondemeut? Pas davantage; à en croire Mon. sieur Quatrefages, il n’en a pas. Il est ahsolument certain, d'après cet illustre savant français, que les peuples les plus rabais. sés, conçoivent les plus hautes notions de la divinité. La croyance à ‘‘un Dieu supérieur” se rencontre chez tous les peuples,
même ceux qu'on a pu regarder coinme Athées, (de Quatrefages : Int. à l’hist. des races huinaines)., ‘Les Taïtiens, dit-il, qui ont peut. être le culte des esprits le plus grand qui ait été signalé, Ont auilessus de tout cela ‘une divinité supré ne”, le grand Ordonnateur de la cause de la terre, Il n'a point de père, point de postérité, c’est une Aie invisible. Et le grand esprit de nos PEAUX rouges d’Ainérique, n’est.il pas ce Dieu unique qui dirige tous les évèneinents du monte et qui, seul, reçoit de ces sauvages un culte véritable? les Australiens eux-mêmes, regardés naturellement par tous coinme un des peuples les plus inférieurs au monde, n’ont-ils pas un dieu suprême”, père, bienveillant quoique sévère, des homines sur la terre et des esprits daus le ciel? Il est tout-puissant, voit tout, punit pour les moindres infractions aux lois qu’il a imposées À la tribu. —Les Mincopées sont connus à peine depuis uu demi-siècle : leurs mœurs barbares ont donné lieu aux assertions les plus étranges. On a cru voir, dans ces petits nègres exclusivement chasseurs où pêcheurs, le chaînon intermédi. are entre l’homme et le singe, et pourtant ils ont une religion : ‘Leur dieu, dit Monsieur de Quatrefages, est invisible, il n’est jamais né, et il est immortel. Par lui ont été créés le monde, tous les objets auimés et inanimés. Il est omniscient et counait jusqu'aux secrets du coœur, Il s’irrite quand on commet des péchés ; il est plein de pitié pour les misérables et les malheureux et il daigne quelquefois les secourir. C’est lui qui juge les âmes après la mort et prononce pour chacune d'elles la sentence qui l'envoie au paradis où dans une sorte d’enfer.
La Chine et l'Egypte citées à l’appui de la thèse animiste, sont (n’en déplaise à Mr Tiele) des pays où la moraleet la veligion sont très profon lément enracinées et très étroitement unies dès la plus haute antiquité.
Après de si puissants témoignages et de si nombreuses citations, c’est À se demander chez quelle peuplade sauvage Mr Tiele a pu trouver ses arguments.
Les preuves apportées par lui fussent-elles réellement fondées, la théorie animiste comme origine des religions n’en serait pas moins rejettée comme arbitraire et insoutenable. La raison en est simple, Afin de pouvoir soutenir que telle relivion est le point de départ et la source des autres, il faudrait prouver avart tout que les autres en découlent.
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Le moins qu’on puisse exiger de l’animisme dans le cas pré. sent, C'est de prouver son antériorité Où sa préexistence aux uutres. Même sur ce point Mr l'iele s'est contenté d’aflirmer et n'a pas du tout prouvé, C'ent été d’ailleurs fo:t difficile puisque les monuments de la plus haute antiquité prouvent le contraire.
Dans son ouvrage, ‘la Cité Antique liv. I, chap. 11,° Mr, Fustel de Coulanges nous fait voir les deux religions non pas venant lune de l’autre mais juxtaposées et coexistantes dans l'an. tiquité grecque et romaine. L'une est le culte des ancêtres du foyer de famille, des lares, des pénates : l’autre est la personnifi- Cation et l’adoration des phénomènes phyeiques.” Ces deux or. dres decroyances, dit-il, durèrent anssi longtemps que les souches grecque et romaine, Elles ne se firent pas “la guerre et vécurent en assez bonne intelligence. Mais, ajoute-t.il, le culte des dieux de l’Olympe et celui des héros et des mânes n’eurent jamais rien de commun.”
Le culte des parents n’est jamais sorti de la famille, Les dieux de l’Olympe chez les Grecs et chez les Romains, les dieux védiques et égyptiens sont, d’un autre côté, considérés comme maîtres absolus de tout l'univers. Ces deux cultes étant ‘aussi
anciens” l’un que l’autre, comment peuvent-ils découler l’un de l’autre ?
Si Max Muller se croit en droit de rejeter même théorique. ment le système animiste de Mr Tiele et s’il ne veut admettre à aucun prix la théorie animiste parce qu’elle est totalement irréducitble à l'énothéisme, à plus forte raison sommes-nous en droit, nous monothéistes, de la rejeter pour le même motif,
Est-ce à dire, comme le prétend Max Muller, qu’il est totale. ment impossible que l’Enothéisme et même le monothéisme soient sortis Au polythéisme? Je ne le crois Pas, quoi qu’en dise Mr de Luken qui, dans: Les Traditions de l'humanité liv, I, ch. L. af. firme le contraire. (Ça ne me parait pas impossible mais invraisemblable, Car enfin, qu’on puisse faire de ces esprits des pro tecteurs de peuples et de familles, capables d’écarter les évène. ments fâcheux et de faire du bien à ceux qui les invoquent, ça me semble déjà beaucoup. Cependant de là à un dieu infini, à un dieu créateur de toutes choses, il y a un abîme. Que, par son imagination, l’homme puisse peupler la terre de génies et trembler devaut eux, cela se conçoit; mais comment passer de Ià à la r-
tion d’un Dieu unique, souverain tout-puissant, immortel, infini ? Voilà ce qui se conçoit plus diftieilement.
L'histoire nous montre, chez leg anciens eomme chez les modernes, le monothéisme existant au milieu des peuples les plus barbares, et tous les jours nous en trouvons la preuve chez nos tributs sauvages. Si de ee témoignage Cuvntemporain no1s passons aux témoignages anciens, nous trouverons entre autres Diodore de Sicile qui va jusqu’à nons montrer comment les Egyptiens d’abtrd monothéistes sont tombés dans le polythéisme. Un autre témoiguage plus ancien et non moins fondé est celui d’Aristote. Dans son XIIème livre des métaphysiques où, après avoir prouvé qu’il y a un premier principe qui est Dieu, Aristote rapporte qu’au tour de ce Dieu, la fable a placé les substances séparées dont elle a fait d’autres dieux, souree de la mythologie.
‘Ab antiquis philosophis quaedam sunt tradita de substantiis separatis ae in fabulæ figuré relicta quod hae dii sunt : et hae sunt introductæ fabulose ad persuasionem multitudinis quae non potest carere intelligibjlia”.
Comme dernière fin de non recevoir, nous redirons que le système animiste ne repose tout entier que sur une théorie absolument hypothétique. Il aurait donc fallu établir l'évolutionisme sur des bases inébranlables avant de prétendre expliquer par lui l'origine des religions. Sans cela l’échafaudage sur lequel s’appuie l’animisme croule de lui-même faute de fondement.
CRITIQUE DE L'ENOTHEISME
L’Enothéisme de Max Muller présente également d’énormes difficultés.
Nous avons dit comment l’énothéisme, te! que formulé par Max Muller, découle visiblement de ces deux sources: L'étude de l’antiquité religieuse et les théories philosophiques allemandes dont son esprit n’a jamais pu se débarrasser entièrement. Examiné de ptès, on ne peut s'empêcher de constater comment d’après la même idée, bien que d’une manière quelque peu différente, Mr. Max Muller ea arrive, comme Hégel, à baser son système sur un principe de contradiction. Si ce n’est plus la thèse à laquelle s’oppose l’antithèse pour se combiner ensuite et aboutir à la synthèse, c’est du moins une synthèse basée sur deux notions con-
, infini?
les moes plus hez nos 18 pAS- ‘es Dioyptiens e. Un d’Arisès AVOir le rap- 8 sépa-
se
ubstanet hae ae non
que le rie abitionis- 1er par
lequel
d’énor-
lé par ’étuñe iandes
Exaaprès e, Mr.
sur un quelle a syn- | con-
tradictoires, Ce n'est pas en identifiant lé
tre avec le non être, mais bien l'Infini avec le fini,
Qu'est.ce que l’énoihéisme tel que formulé par
Max Muller sinon la “synthèse de
deux notions abs ltment contradictoires :” celles de divinités bornces
dans l'idée collective d’un Dieu unique et infini? |
s'ifiai est-il vraiment perçu par la
faculté religie 883$ lPénotiéisme n’est et ne eut être qu'un mo- S l
nothéisme parfait et absolu. Quotqu'il en dise, l’Arya, pas plus
que le Russe où le Chinois, n'es pourra arriver à Concevoir deux infinis : qui dit inliai dit nécessairement un, Si l'AïyE
ne peut Concevoir qu'un seul infini, nésessaire nent 6er fülini qu'il perçoit
est absolumont le inèine partout, dans le spectacle du ciel, de la foudre, de l'océan, de la nuit, ete… ll répugré absolument qu?il en puisse concevoir plusieurs ; ou alors, forcément limités les
uns par les autres, ces prétendue infinis ne seraient plus que de
purs finis, Selon la saine L gique, c’est où le monothéisme, où le polyth£isme que ce systèine nous représente : car de deux choses Pune, PArya croît en un seul Di u Où biea il a foi en plusuccessifs ou non, peu in.
porte, C'est quand mène el.tonjours pur polythéisme, Si au con. traire l'Arya, dans ses a loraitions sure 'ssives, voit, non pas des jufinis SCCessifs, mais Simplement et uniquement de
S Manifesta.
tions variées et successives lu seal et même infini, de l'infini qui ne peut changer, qui est et qui reste toujours le même, l: imcnothéisme. L’énothéisme n’a
sieurs; s’il connait lusienrs dieux, ,
c’est alors jamais existé pas même à l'état de transition et de Mmonothéisme imparfait.
Historiquement parlant, le jour où Phonme
à cessé d'être Mmonothéiste, il a été polythéiste pur sans même passer
par l’'énothéisme, n’en déplaise à Max Muller et à ses disciples,
‘Si, comme il l'affirime, chaque Dieu que 1!
’Arya adore, vaut à lui seul tous les autres,
s'il est, pour le moment, une divinité réelle, suprême et absolue si tout le 1 ] N à
este disparait, excepté ce Dieu sent qu’il adôve
et qui remplit avec pleine lumière tout
le champ de sa vision,” comment Peut-on, À moins de voir dou-
ble, ne PAS Constater là l’existence d’un seul Dieu infini adoré par Les Védas eux-mémes sur lesquels Max Muller a prétendu se paser n°
l'Arya, dans ses manifestations multiples, enseignent.ils pas très clairement la croyance à nn seul Dieu, Para Brahma, ’cré.
ateur du ciel et de la terre, éternellement inimobile et agissant
re ipiitatren line ma rte ee
sus le nom de Brahzua, Vichnou et S'va, sorte de trinité
dont il est lui-même le centre et qui ne forme avec lui qu’un seuk .
et même être infini et suprême ?,—
Supposée l'existence de l’énothéisme, le fait même de son existenee ne lui suffit pas pour être le point de départ de toutes les religions. Il faut non-seulement qu’il existe, mais encore qu’il existe historiquement et indéniab'ement le premier. IF n'en est ricu, et l’un des faits les plus indéniables de l’histoire, c'est que le monothéisme est tont au moins contemporain de l’énothéisme ; j’oserais même dire qu’il remonte à nne antiquité plus huute, en me servant ds aveux de Max Muller Ini-même. Ne constate-t il pas dans son Essai sur l’histoire des religions, que Moïse, quinze siècles avant l'ère chrétienne, croyait en un seul ‘Dieu? Ne va-t-il pas plus loin et n’affirme-t-il pas que vingt siècles avant Jésus-Christ Abiaham était déjà monothéiste? Or les Védas sur lesquels s’appnie Max Muller pour fonder son système, ne remontent même pis à une aussi haute antiquité ; car, d’après tous les calculs faits À leur sujet à l’aide des découvertes moder:. nes, c’est À peine si les livres Védiques remontent au quivzième siècle avant Jésus-Christ. Quelques-uns ne les placent qu’au douzième. Loin de prouver l’antériorité de l’énothéisme sur le monothéisine, c’est à peine si l’on peut soutenir que ces deux cultes soient contemporains,
Notre droit est one d'affirmer que l’origine des religions ne saurait être expliquée par la mythologie seule, du moins telle qu”elle est conçue par nos deux champions animiste et énothéiste. Les hypothèses basées sur la contradiction et s’échafaudant sur des semblants de preuves ne sauraient eonvsincre un esprit droit et désintéressé,
JF
La troisième hypothèse qui est le monothéisme est-elle un système qui offre, je ne dis pas la plis grande certitude, mais la plus grande probabilité et résout le mieux le problème religieux ? Eu d’autres termes, au seul point de vue de la raison, ne vaut-il pas encore mieux, n’en déplaise aux rationalistes, nous en tenir, comme ils le disent, ”’à cette vieille ornière de la révélation, ”’plutôt que de nous jeter aveuglément dans le labyrinthe de leurs systèmes? ;
le trinité u’un seu,
de som de touis enconier. IE histoire, in de l’éuité plus me. Ne ns, que un seul ngt siè- ? Or les système, d'après moder.tinzième ’au doule mono- . cultes
ions ne elle qu”théiste.
faudant à esprit
elle un mais la igieux ?
vaut-il
Le premier témoignage qui se présente en faveur de notre thèse est celui de Moïse dont les ouvrages sont avec les Védas les plus anciens du monde, j'entends parler de monuments con- CUS; Car il n’y a pas de doute que les ante diluviens ont eu comme nous leurs événements et leurhistoire. Les livres de Moïse, s'ils ne SOnt pas les tout preiniers, sont du moins, À tout autre point de vue, de beaucoup les plus importants et les plas sérieux, De toutes les cosmogonies qui existent jusqu’à lui et même loin après lui, celle que nous offre le Pentateuque n’est elle pas de beaucoup la plus satisfaisante, Ia plus parfaite? Il suflit de comparer le Majestueux début de la Genèse avec les autre Passages analo gues des autres écrits religieux peur s’en convaincre.
La seconde preuve que nous pouvons apporter est: l’existence au sein des différentes religions du monde, de notions Com unes partout identiques ou à peu de choee près, et, fonds, partout les mêmes.
Si nous considérons attentivement les différentes formes religieuses qui existent, nous serons étonnés d’y trouver tant de données communes dont l’existence ne saurait facilement s'expliquer ane par une origine commune, c’est à-dire par un enseignement primitif rt une révélation quelconque.
Ces données communes, M. l’Abbé de Broglie les distribue ainsi :
quant au
{1)- Un Dieu suprême et unique.
(2) Ce Dieu jouissant des attributs que le Christianisme lui reconnait: à savoir sagesse, bonté, puissance, justice ete...
(3) Une vie future éternelle, une sanction de la conscience entraînant le bonheur des bons et le malheur des méehants, laquelle sanction ‘‘fixe à jamais notre sert à la fin de la vie.”
J’ose affirmer que toutes ces notions si élevées ‘‘constituant un fonds commun’ à toutes les religions existantes, ne sauraient trouver une solution naturelle et vraiment satisfaisante que dans notre hypothèse monothéiste mettant à la base de l’histoire de l'humanité une révélation primitive, autre point sur lequel toutes les religions concordent, Comment un prêtre Ashanti sait-il que son fétiche n’est pas une pierre ordinaire ? je le sais, Vous répondra-t il, du fétiche lui même qui l’a révélé, D'où les païens eux. mêmes ont-ils su qu’il y a des dieux ? C’est que ces dieux eux-mé.
mes le leur ont affirmé. Cette idée nous la trouvons également
ee, x me Eve re ge
tenace et aflirmée aux deux extrêmes de l'humanité; chez les races les plus barbaes, comme chez les races les plus civilisées, chez le Cafre comme ehez le Français, chez le Cosuque comme Chez l'Américain, C’est un mot courant chez les tribus africuines que “‘primitivement le cel était plus près de l’homme, que le Dieu suprêm:, le Créatenr en personne donnait des leçons «de sa gesse aux êtres humains, mais qi'ensuite il se retira et qu'il habite maintenant loin d'eux dans le çiel.”
L'indoux et le Grec sensés en disent autant, ils en appellent pour justifier leurs croyances religieuses à l'autorité de leurs ancêtres qui, d'après eux, vivant en commerce intime avec les dieux.
Da reste, la réélation importe peu pour le moment ; il nous suflit de montrer, en nous plaçant sur le terrain même de nos adversaires, que imêine au point de vue évolutioniste notre théorie monothéiste à pour elle de nombreuses probabilités que les autres n’ont pas. Aucune n'interprète aussi facilement les donrées que nous fournit ‘l’histoire des religions”. Elle explique seule et très bien, comment en vertu même de l’évolution daus les idées, les hommes en sont arrivés aux différentes formes religieuses qui ont existé et existent ; elle seule explique clairement et leur point d'arrivée et leur point de départ.
En effet, dans toute évolution des formes religieuses on physiques, où se prend le point d’arrivée, et où le point de départ ? Celui-ci se trouve dans les ressemblances et celui-là dans les dissemblances, Quand les évolutionistes voudront prouver l’origine commune de l’homme et du singe, loin de s’appuyer sur les diffé. rences excessives ‘termes de l’évolution”, 1ls s’etforccront au contraire de faire ressortirge qui, de près ou de loin, se ressemble en eux, c’est à dire ce qui est resté de commun entre l’une et l’autre de ces deux familles, Contrairement à cette loi cupitale de l’évolution, les 1ationalistes, dans l’évolution religieuse, ont travaillé dans un sens tout opposé, prenant pour point de départ et se donnant pour base la complexité et non l'unité, procédant par dissemblance et non par ressemblance. La raison en est simple. Nos évolutionistes se trouvent ici en présence d’uûe formidable difficulté ; contrairement à toutes les données dela science, les notions communes ou les points communs indiquant tout naturellement le point de départ, la source commune detous les résultats
les railisées,
coinme icuines que Île de sue L habi-
pellent Is anec les
il nous os udthéorie autres es que et très 8, les ui ont
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à physpart ?
es disrigine diftéut au sgemune et pitale , ont lépart it par mple.
idable es notrelleultats
divers, loin d'être les plus rudimentaires et les moins parfaits, Sont au contraire les plus élevés, Dès lors, l'évolution, au lieu d'être ascendante comme dans tout le reste, est descendante et rétrograde : or c’est une hérésie en science aux yeux de ces sa- Vants prônenrs de la perfectibilité et du progrès à lintini, Ce Premier embarrss en amène un autre plus formidable encore, Comment expliquer cette #nanimité comme point de départ et "cette constance À travers les siècles dans le maintien et la consetvation des dogines les plus relevés et les moins accessibles à l'in. telligence humaine, si l'on ne Pose au commencement le dogme d'une révélation, d'un enscignement primitif quelconque dont les dogmes les plus éievés et les données les plus nécessaires et les plus précieuses ont échappé aux ravages du temps et n'ont pu être complètement efacves par les flots de l'erreur et de la core ruption ?
Comment échappera.t on À ces terribles conclusions ? Est-ce par l'évolution en sens inverse? Ce serait susciter une autre difficulté. Comment e:pliquerait.on qu’ils sont tous arrivés d’ac Cord sur les plus hautes vérités, eux qui n'ont même pas pu obtenit ce résultat pur tant de vérités secondaires et plus accessibles à la raison ?
Qui peut le plus peut le moins, Comment expliquera t-on cette wnanimité sur les plus hautes conceptions, lorsqu'ils se trouvent en plein désaccord eur des vérités de moindre importance ; en nu mot, lorsque dans ces mêmes: religions et chez ces mêmes peuples, une foule de vérités de second ordre oubliées où altérées créent précisément la diversité qui les caractérise et les ditférencie? C’est pourtant le parti qu'ont pris nos rationalistes, proba. blement convaineus qu'entre les deux difficultés c'était Ia moindre. Comment lPhumanité a-telle pu s'entendre unanimement sur les dogmes les plus élevés et sur eux seuls? Les partisans de Pévolution n’y attachent aucune importauce et ne s’en occupent même pos. :
Nous seuls expliquerons sensément cette double loi de ressemblance et de dissemhlance que nous corstatons parfaitement à travers l’histoire de toutes les religions, Si d'une part, l’existen. ce de ces vérités les plus élevées nous deviennent naturelles par le fait d’une révélation, d'autre part, le dogme du monothéisme rend parfaitement compréhensible l’existence des différences et
des erreurs propres À chaque religion.
On peut rattacher à deux grandes causes la corruption des vérités secondaires de ln religion primitive.
La première c’est la loi de chûte qui est devenue la loi de l’homme dès qu’il ent péché. La seconde, c’est le manque absolu de toute force, de toute énergie, de tout contrôle Capable de paru. lyser cette loi et de sauver l'ho nine de la déca lenes et de l'erreur.
C’est une étrange façon de resoudre un problème que de le résoudre par un mystère ! Mais à ce reproche je ne saurais trou. ver de meilleure réponse que celle le Pascal: ‘Sans ce mystère, le plus incompréhensible de Lous, nous soinmes incompréhensibles à nous-mêmes, Et il ajoute un peu plus loin: ‘L'homme est
plus inconcevable sans ce mystère que ce mystère n’est inconcevable à l’homme”,