‹ Philosophie et religion [microforme]Chapitre 77 sur 103 · VALEUR DE LA FORME RELIGIEUSE · texte numérisé non relu

VALEUR DE LA FORME RELIGIEUSE

Remarquons tout d’abord que cette thèse a déjà été prouvée par le fait même de l'analyse que nous avons faite du sentiment religieux, dans laquelle nous avons vu clairement que l’essence même de ce sentiment et par suite de toute forme religieuse quelle qu’elle soit, est et ne peut être que l’élément ‘‘supra-rationnel”,

Comme c’est précisément ici la g'unde thèse que les rationalistes considèrent comme Capitale dans la question religieuse et dont ils ont fait lenr grand cheval de bataille, il ne sera pas inntile de la reprendre au point de vue tout spécial où ils se placent.

Que la religion soit nécessaire à l’homme, le rationalisme nous le concède; mais que cette religion soit essentiellement supra r'ationnelle, basée sur la surnature, voilà ce qu'ils n’admettront jamais. Que les peuples aient voulu une religion . qui les ‘mit en rapport avec l'inconnu, ils vous le concèdent, que tous les peuples jusqu'à nos jours, n’aient cherché que du mysténeux .caché dé. passant la raison, que ceux-là n ême qui ont rendu un culte au

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soleil, à la nature, ne l’aient fuit qe parce que leure phénomènes les dépassaient et étaient pour eux des mystères, ils nous le con. cèdent encore, Mais, diront-ils ; que Peuvez-Vous en conclure ? L'existence du surnaturel? Sy nécessité? I] n'y A jamais de né. Cessaire que les essences. Or l'essence ne varie p&s. Votre sur. naturel religieux ne Pr'ouve donc pas. Commeut voulez-vous qu'il prouve? Il varie à l'infini,

A cette objection je réponds : le surnaturel v a l’accidentel, mais jamais en ce qu’il a d’essentiel, Et voilà Pourquoi, sous ses mille aspects excessivement mobiles et chan. Seanfs, il y a une chose ‘“qui ne Change pas” lui-même” qui est et qui reste toujours le tes ces variations accidentelles et de ces Voilà le fait qu’il s’agit de démontrer et de maintenir, Pourquoi l’a t-on mis en question? Le voici : leg rationalistes se eont joué Un Mauvais tour, en concédant que le fait d’une religion est une chose capitale, essentielle à l’esprit humain ; or l'essence mêe du fait religieux étant le surnaturel, si la religion est essentielle à

l’homme comment le Surnaturel pourrait-il ne pas l’é

être également ?

Les voilà dans une impasse ; obligés ou de se Contredire en niant

la nécessité des faits, ou de se rendre à l'évidence en admettant le surnaturel ; or ne voulant ni de l’un ni de l’autre, ils ont cherché un moyen terme qui leur permit À la fois d'éviter les deux. Ce Moyen terme ils ont prétendu l'avoir trouvé dans cette fameuse objection qui repose sur une équivoque et qu'ils nous montrent 8losse Comme une montagne. La Preuve, disent.ils de la non nécessité des formes, c’est leur multiplicité même. Elles sont multiples, donc périssables-et changeantes,

Que répondre à cela ? Tout simplement que la question n’est pas du tout de savoir si leg formes” en tant que telle forme Piise à part, sont nécessaires Puisque ce n’est ]à que le côté accidentel de toute forme religieuse, mais bien s’il n’existe Pas sous toutes ces variations accidentelles, périssabies, une forme commu. né, essentielle, toujours la même ; Où mieux encore, la question n'est pas du tout de savoir si telle forme religieuse est éssentielle ou nécessaire, mais de gnvoir si ‘Le sentiment religieux a besoin e forme positive qui Jui corresponde.” À cette Question nous répondrons affirmative. ment. Cette forme essentielle, toujours la même, nous la retrou-

arie en ce qu’il

* C’est le surnaturel même, en dépit de touchangements sans fin,

vons partout, dans toutes les religions, et elle consiste précisément daus ‘les données qui, sous chaque forme religieuse, sont placées en dehors de la science et de la raison”, Ce qui veut dire que, n’en déplaise aux rationualistes, on ne sera jamais religieux dans les ‘‘limites” de la science et de la raison, quelque soit d’ailleurs le niveau de l’intelligeuce ou le degré de la civilisation.

Il y aura toujours une forme ‘‘positive” extra-rationnelle par laquelle le sentiment religieux continuera de se manifester à travers les mondes et les siècles.

Nous allons appuyer cette assertion sur une triple preuve : 1o Preuve psychologique ;

20 Preuve historique ;

30 Preuve expérimentale,

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