N'est-il pas étrange qu'il y ait, à côté du cri
* Voyez la note XXVII, à la fin du volume.
teriura des sens, un autre crilerium de vérité, le sens commun? Le mot sens exclut toute réflexion, tout raisonnement, toute combinaison; en effet, rien de tout cela n'est compris dans le mot sentir. L'esprit qui sent est passif; il ne met rien du sien, ne donne rien, mais il reçoit ; il n'exerce point une action, il la souffre. Cette analyse met en dehors du sens commun toute chose qui relève de l'activité de l'esprit, et fixe un des caractères essentiels de ce critérium; ce caractère , le voici : Par rapport aux vérités de sens commun, l'entendement ne fait que se soumettre à une loi sentie^ à une nécessitié instinctive dont il ne peut s'affranchir.
316. Commun : c'est-à-dire rien qui soit individuel ; l'objet du sens commun est général, il appartient à tous les hommes.
Les faits de conscience sont des faits de sentiment, non de sens commun. L'esprit les sent, abstraction faite de Tobjectivité et de la généralité : ce qu'il éprouve ainsi lui appartient d'une manière exclusive et n'appartient qu'à lui.
Les objets du critérium de sens commun se rapportent à tous les hommes et, partant, appartiennent à l'ordre objectif. Le subjectif est individuel, il n'est pas commun. Même dans le langage ordinaire, on ne dit point d'un phénomène intérieur, considéré indépendamment de son rapport avec l'objet, quelque extravagant que soit le phénomène, qu'il est opposé au sens commun. «J'éprouve telle sensation; il me semble que je vois telle chose » ou « telle chose est de