CHAPITRE XXXIY. — CONCLUSION
Ton admet cette contradiction : être et n'être pas en même temps; donc toute raison suppose la vérité du principe de contradiction. Lorsqu'on étudie la raison, c'est la raison qui étudie ; la raison a besoin de règles, de lumière ; donc, tout examen suppose cette lumière, c'est-à-dire l'évidence, et la légitimité de son critérium. L'homme ne se fait point lui-môme ; il se trouve fait; il ne fixe pas les conditions de son être ; il les trouve imposées. Ces conditions sont la loi de sa nature : pourquoi lutter contre elles? «Outre les préoccupations factices, dit Schelling, il en est A& primordiales qui tiennent non à l'éducation, mais à la nature; principes de connaissances pour tous les hommes; écueils pour les libres penseurs. » Pour moi, je ne prétends point m'élever au-dessus de tous les hommes; je ne veux pas me mettre en lutte avec la nature ; si je ne puis être philosophe sans cesser d'être homme, j'abandonne la philosophie et je me range du côté de l'humanité.