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UNE HYPOTHÈSE IDÉALISTE

29. Si les idéalistes sont dans le vrai, cet enchaînement, cette dépendance des phénomènes attribuée

322 LITRE II. — DBS SKHSATIONS.

aux objets extériears, n^existe qa'en nous; partant la causalité n'appartient qu*à nos actes mêmes. Je mets en mouvement un cordon placé sous ma main dans mon cabinet de travail; le bruit d'une sonnette répond à ce mouvement ; le même fait s'est produit constamment durant plusieurs années. Le phénomène interne formé de l'ensemble des sensations que nous nommons cordon^ et mouvement imprimé à ce cordon^ produit ou entraîne un autre phénomène nommé bruit de la sonnette. C'est à l'habitude, ou si Ton veut à je ne sais quelle influence occulte, qu'il faut attribuer le rapport observé entre deux phénomènes dont la succession non interrompue nous fait transporter à l'ordre réel un fait purement fantastique. Voilà l'explication la moins irrationnelle que puissent donner les idéalistes. Quelques observations nous en feront sentir la futilité.

Aujourd'hui, j'imprime au cordon le mouvement accoutumé; chose étrange, la sonnette ne répond point. Pourquoi ? le phénomène déterminant a lieu, car j'ai conscience de l'acte que nous nommons tirer le cordon. Je reconmience en vain le mouvement ; la cloche reste muette. Hier un phénomène produisait l'autre ; pourquoi n*en est-il plus de môme aujourd'hui? Rien en moi n'est changé; j'éprouve le premier phénomène avec la môme clarté, la môme vi: vacité; pourquoi le second ne se produit-il pas? L'acte de volonté que j'exerce est efficace comme il l'était naguère; comment se fait-il que cette volonté soit impuissante?

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