‹ Philosophie fendamentaleChapitre 132 sur 184 · De ces réflexions il suit · texte numérisé non relu

De ces réflexions il suit

Que nos sensations considérées comme des phéno-

mènes purement internes se divisent en deux classes parfaitement distinctes : les unes relevant, les autres indépendantes de notre volonté ; les autres sans liaison entre elles, variables dans leurs rapports au gré de celui qui les éprouve ; les autres soumises à certaines conditions que nous ne pouvons ni changer ni détruire.

Que, dans son existence comme dans ses modifications, ce dernier ordre de phénomènes relève de certaines causes qui ne sont pas nous, indépendantes de nous, en dehors de nous. Donc, Tinstinct qui nous pousse à rapporter ces sensations à des objets externes est confirmé par la raison ; donc le témoignage des sens peut être admis au tribunal de la philosophie, en tant qu'il affirme la réalité des choses.

L'existence des corps est démontrée en quelque sorte par ce qui précède; il en résulte, en effet, que l'examen philosophique de l'idée que ce mot corp^ exprime constate l'existence d'une chose distincte de notre être, et dont la présence excite en nous telles ou telles sensations. L'essence des corps nous est inconnue ; nous la connaîtrions, que celte connaissance importerait peu dans le sujet qui nous occupe ; en effet, il ne s'agit point de Tidée que le philosophe pourrait se former de la matière, mais des idées que s'en font la plupart des hommes.

CHAP. VI. — Ckmt EXTERNE DES SEIfSATIOVS. 3Î5

Page 1