‹ Philosophie fendamentaleChapitre 157 sur 184 · CHAPITRE XTII. — AUTRES SEKft · texte numérisé non relu

CHAPITRE XTII. — AUTRES SEKft

lien qui rattache ces divers phénomènes échappe à nos regards; mais il existe; nous sommes forcés de reconnaître qu'il existe.

Combien il serait facile de signaler dans les phénomènes de la reproduction un ordre d'impressions très-vives que la seule présence des objets détermine! Bien qu'il soit vrai que ces impressions présupposent Taction de l'un des cinq sens, elles sont d'un autre ordre; il n'est pas besoin, pour se rendre compte des choses, de savantes études physiologiques. L'âge, la santé, le tempérament, le climat, les saisons, etc., exercent sur ces phénomènes une influence décisive.

104, Il existe une différence entre les sentiments et les sensations; si cette différence n*altère point physiolo^iquement et psychologiquement Tessence du fait, elle semble le modifier sous le rapport intellectuel et moral. En général, c'est par un objet animé, c'est par un être sensible que les passions sont excitées; aussi semble-t-il qu'il y ait plutôt communication d'esprit à esprit, d'âme à âme, que de corps à corps. Le regard abattu, douloureux de l'homme, ou même de l'animal qui souffre, éveille instantanément en nous le sentiment de la compassion; s'il en est ainsi, c'est que ce regard exprime la souffrance d'un être vivant. Observation vraie; que prouve-t-elle? Qu'il existe dans la nature des forces occultes dont nous voyons les effets sans pénétrer le mystère de leur origine ; mais ces forces se révèlent à nous par l'intermédiaire d'un corps, lequel affecte notre organisme d'une certaine façon. Qu'il y ait là

3M IITRE II. — DBS SENSATIONS.

une magie plus admirable, plus pénétrante, plus immatérielle que celle des cinq sens, je le yeux; toutefois, la diiTérence n*est que du plus au moins, elle n*est pas dans la nature du phénomène.

Il est certain que les êtres vivants, ceux d'une même espèce en particulier, sont dans une commu* nication constante ; de là les affections qu'ils éprouvent. 11 est certain que le plus grand nombre de ces affections suppose une correspondance mystérieuse avec des agents entièrement inconnus. Le monde des corps est inondé de fluides dont la science constate tous les jours les étonnantes propriétés. L'électricité, le galvanisme nous ont déjà révélé des merveilles. Qui sait par quel moyen le système, si vaste, si compliqué de la vie animale, répandue dans funivers, se meut et fonctionne? Que de secrets à découvrir sur la correspondance des organisations, sur la manière dont elles influent les unes sur les autres; secrets qui, peut-être, resteront à jamais les secrets de Dieu!

105. Mais est-il vrai que les êtres sensibles aient seuls le pouvoir d'exciter les passions? n*avons-nous pas éprouvé mille fois que nos passions tiennent à notre organisme? Que Ton explique nos tristesses et nos joies soudaines et sans cause ; pourquoi, pacifiques maintenant, nous sommes, l'instant d'après, irritables à l'excès. Les impressions éprouvées par un être sensible, nos rapports avec lui, ne sont pour rien dans ces phénomènes. Ils tiennent aux mystères de notre organisation et participent de cette organisation.

CHAPITBE XTIU. — SOLUTION. 395

i06. Donc les impressions qui relèvent des cinq sens ne sont pas les seules ; il en est d'autres qui doivent leur origine à des êtres purement corporels et inanimés. Donc, à côté des phénomènes appartenant aux sensations communes, il en est qui n'en diffèrent que par Tespèce et par Torgane qui les transmet. Donc les impressions différent des premières, comme diffèrent entre elles les impressions qui viennent de la vue, de Todorat ou du goût ; donc il existe plus de cinq modes de sentir.

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