CHAPITRE IT. ^ SCIEHCB THANSCBHDAHTALI
foyers étaient de simples points ; la courbe une ligne, rien de plus ; les rapports des foyers avec la courbe... combinaisons stériles et sans application ! Et quelques siècles plus tard, ces foyers, c*est le soleil! cette courbe décrit les orbites des planètes ! Les lignes qu'un géomètre traçait sur la table tracent le chemin des inondes dans l'espace !
L'union intime des sciences mathématiques et naturelles est un fait incontesté. Qui nous dira jusqu'à quel point elles se peuvent rattacher l'une et l'autre aux sciences ontologiques, psychologiques, théologiques et morales? L'univers, la multitude innombrable des êtres qui le composent, apparaissent aux yeux de la science comme une chaîne merveilleuse dont chaque anneau va se perfectionnant, depuis l'atome inorganique jusquà l'être intelligent et libre fait à l'image de Dieu. Les diffé^ rents règnes de la nature sont unis par des relations intimes : ainsi les sciences se prêtent une lumière mutuelle et participent les unes des autres. La complication des objets amène la complication des connaissances; et l'unité des lois qui régissent les êtres divers rapproche toutes les études et tend à former une science unique, universelle. Que ne nous est-il donné de voir Tidenlité des origines, l'unité de fin, la simplicité des voies ? Nous posséderions la science transcendantale , la science mère , ou plutôt Tidée unique dans laquelle tout se peint tel qu'il est , où tout se voit sans efforts, comme dans une glace pure un paysage magnifique avec ses proportions, sa forme
et ses couleurs. Sachons nous contenter, cependant, des ombres de la réalité; et, dans Tinstinct qui pousse notre entendement à simplifier toutes choses dans ses aspirations vers l'unité, saluons l'indice précurseur de la science unique, qui n'est autre chose que Tintuition de l'idée unique, incréée , infinie ! C'est ainsi que dans le désir du bonheur dont notre cœur est agité, dans la soif des jouissances qui nous tourmente, nous trouvons la preuve que tout ne se termine pas ici-bas et que notre âme est faite pour la possession d'un bien refusé à notre vie mortelle.
SI. Cette unité que nous avons observée dans la gradation harmonique des êtres, dans l'enchaînement des sciences, nous la retrouvons encore en comparant l'homme à l'homme , en étudiant le don par excellence de l'esprit humain : le génie ! Les esprits marqués de ce sceau se distinguent par l'unité et l'étendue. Ont-ils à traiter une question difficile, ils la simplifient, ils l'aplanissent en la voyant de haut, en s'établissant dans une idée principale qui rayonne sur toutes les autres. Veulent-ils résoudre un sophisme, ils portent le fer à la racine et d'un mot détruisent l'illusion. Que s'ils emploient la synthèse, discernant sans hésitation le principe fondamental, ils indiquent d'un trait le chemin qui doit conduire au résultat; dans l'analyse, ils se placent d'instinct au point de départ; ils saisissent le ressort caché; ils nous ouvrent l'objet, pour ainsi dire, et nous en révèlent les mystères les plus obscurs. Que s'il s'agit d'une découverte, tandis que le vulgaire
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bésite el tâtonne, Thcmme de génie frappe du pied le sol et dit : « Le trésor est là ! » Pas de longs raisonnements , pas de détours saperflos : des pensées, en petit nombre, mais fécondes; peu de paroles, mais dans chacune d*elles une perle enchâssée.
52. Oui, dans Tordre intellectuel, il existe une vérité, principe de toutes les vérités, une idée qui embrasse toutes les idées; ainsi nous renseigne la philosophie; ainsi nous le réyèlent les efforts, les tendances naturelles, instinctives de toute intelligence vers la simplification et Tunité ; ainsi le proclame le sens commun ; oui, un entendement est d'autant plus noble et plus élevé qu'il est plus vaste et plus un \