Yiendrait-elle des sens
* Voyez la note lY , à la fin du volume.
Les sensations sont aussi diverses que les objets qui les causent ; nous leur devons la connaissance de certaines individualités matérielles; mais ce n*est point dans ces individualités ou dans les sensations qu'elles produisent que se peut trouver la vérité, source de toutes les autres.
85. Un bruit arrive à notre oreille, un objet frappe notre vue, un parfum éveille notre odorat, une saveur notre goût , un corps affecte vivement le sens du toucher; nous attribuons à chacune de ces impressions une certitude égale, n'importe Torgane qui les produit. La sensation peut avoir des degrés, la certi-tudeA^ la sensation n'en a pas; il en est ainsi de la correspondance de la sensation avec son objet externe ; cette correspondance est aussi certaine pour la vision qu'elle l'est pour l'odorat ou pour tout autre sens.
Donc , il n'existe point de sensation origine de certitude pour toutes les autres. Le commun des hommes n'affirme que par cette raison : « Je sens ainsi. » Les phénomènes que Ton a observés après l'opération de la cataracte prouvent, il est vrai, qu'une simple sensation ne suffit pas toujours à l'appréciation vraie de l'objet senti, et que les sens se prêtent un secours mutuel ; mais ce fait n'assigne à aucun d'eux la prééminence. Si, pour se former une idée vraie des grandeurs et des distances, au moment où ses yeux s'ouvrent à la lumière, l'aveugle de naissance a besoin du secours du tact, nul doute qu'un homme en qui se développerait, pour la première