CHAPITRE TII. — SCISlfCB TRAKSCENDAHTALC
taine en soi , ce ii*est point établir Texistence de A. La proposition, A est A, n^équivaut point à ce]Ie-€i : A existe. Le verbe être présente un sens bien différent, nous le verrons dans la suite, selon qu'il est ou n*est pas suivi de Tattribut. Si Ton suppose que A désigne on espace compris entre deux droites, la proposition reste exacte dans le cas même on celle-ci : A existe, serait évidemment fausse. U ne s'agit pas, en effet, de savoir si A est ou n'est point; on affirme seulement que s'il est, il doit être ainsi. Il n'est pas question du contenu de la proposition , mais de sa forme; ni d'un objet dont on sache quelque chose, mais de ce qu'on sait de tout objet, quel qu'il soit.
a De la certitude de la proposition précédente, il résulte qu'entre si et ainsi il existe un rapport nécessaire, celui qui se trouve posé d'une manière absolue et sans aucun autre fondement que la nécessité. Ce rapport nécessaire , je le désigne provisoirement par X. »
Voici le sens de cette analyse embarrassée : Dans toute proposition , la copule , ou le verbe être, n'exprime point l'existence du sujet, mais le rapport du sujet avec l'attribut. Pourquoi tant de paroles, tant d'efforts d'intelligence à propos d'une proposition identique? Mais armons-nous de patience, et poursuivons.
ta Cet A est-il ou n'est-il point? Il y a indécision sur le fait particulier. Reste la question suivante : Sous quelle condition A existe-t-il ?
« Quant au rapport X, il se trouve dans le mai et
posé par le moi; car c'est le moi qui juge dans la proposition exprimée et qui juge avec vérité , se réglant sur X comme sur une loi. Par conséquent, X est donné au moi; étant posé d'une manière absolue et sans autre fondement, il doit être donné au moi par le moi. »
82. Voici le mot de ce logogriphe, traduit en langue vulgaire : Dans les propositions d'identité ou d'égalité, il existe un rapport; l'esprit connaît ce rapport ; il le juge et le prend pour règle ; ce rapport est donné à notre esprit; les propositions identiques n'ont pas besoin de preuves pour obtenir notre assentiment. Tout cela est très-vrai , très-clair, trèssimple; mais lorsque Fichte ajoute que ce rapport doit être donné au moi par le moi^ il affirme ce qu'il ne sait pas et ne peut savoir. Qui lui a révélé que les vérités objectives nous viennent de nous-mêmes? Est-il permis de résoudre ainsi, d'un trait de plume, les questions les plus difficiles de la philosophie, à savoir, l'origine de la vérité? A-t-il défini le moi? que dis-je? nous en a-t-il donné la plus légère idée? Ou ses paroles ne signifient rien, ou en voici le sens : Je juge d'un rapport ; ce jugement se trouve en moi ; ce rapport, eu tant que connu, abstraction faite de 8on existence réelle, se trouve en moi. Descartes avait dit avec plus de simplicité : « Je pense , donc f existe, »
83. Fichte n'a point dépassé le philosophe français dans la question qui nous occupe; loinde là, il ne fait que se traîner lourdement , péniblement sur ses pas.