ÉTAT DE LA QUESTION
.5. Sommes-nous certains de quelque chose? — Oui, répond le sens commun. — Sur quoi repose la certitude? Quels moyens avons-nous de l'acquérir? Problèmes difficiles, que la philosophie se propose de résoudre.
Voyez la note I, à la fin du volume.
La question de la certitude embrasse trois questions toutes différentes, bien que l'on ait coutume de les confondre. De là des difficultés presque insurmontables, ces matières, alors même qu'on les analyse avec l'exactitude la plus scrupuleuse, restant pleines d'obscurités.
Pour bien fixer les idées, il convient donc de distinguer : 1* V existence de la certitude, 2* les fondements sur lesquels elle s'appuie, et 3"* la manière dont on V acquiert. L'existence de la certitude est un fait incontestable; ses fondements sont Tobjet des recherches de la philosophie ; la manière dont on l'acquiert est le plus souvent un phénomène occulte qui ne relève pas de l'observation.
6. Appliquons cette distinction à la certitude de l'existence des corps.
Que les corps existent, c'est un fait dont nul homme en son bon sens ne saurait douter. Nous croyons, en dépit de tous les sophismes, à l'existence du monde corporel. Cette conviction est un phénomène inhérent à notre existence même ; conviction inexplicable peut-être, mais nécessaire, invincible.
Sur quoi se fonde cette certitude? Ici, nous nous trouvons en présence, non plus d'un simple fait, mais d'une question que chaque ^philosophe résout à sa manière. Descartes et Malebranche ont recours à la véracité de Dieu ; Locke et Gondillac appellent à leur aide le développement et le caractère particulier de certaines sensations.
Gomment Thomme acquiert-il cette certitude? Nul