‹ Philosophie fendamentaleChapitre 55 sur 184 · CHAPITRE XTI. — C0K7CSI0X D'IDÉES. i · texte numérisé non relu

CHAPITRE XTI. — C0K7CSI0X D'IDÉES. i

trois conclaants contre leurs adversaires, attendu le terrain sar lequel la question se trouvait posée.

Si TOUS n'avez la certitude de votre pensée, disent les partisans de Descartes, vous ne pouvez affirmer ni le principe de contradiction, ni même le critérium de l'évidence ; pour savoir, il faut penser ; quiconque affirme ou nie, pense ; si l'on ne suppose la pensée, l'affirmation comme la négation sont impossibles ; admettez la pensée, vous avez un point d'appui, ce point d'appui, nous le trouvons en nousmêmes, attesté par le sens intime, et nous imposant la certitude de son existence avec une force irrésistible. Le fondement une fois établi, l'édifice s'élève comme par enchantement. L'homme n'a pas besoin de sortir de sa propre pensée; là est la flamme qui éclaire toute vérité ; marchons à sa lumière ; attachons a son foyer immobile le fil mystérieux qui doit nous guider dans le labyrinthe de la science. Ainsi, notre principe est le premier ; il se soutient en vertu d'une force qui lui est propre ; et cette force, il la conmiunique à tous les autres principes dont il est rinébranlable fondement.

Ce langage est raisonable, on ne peut le nier. Mais écoutons un défenseur du principe de contradiction ; peut-être notre confiancesera-t-elleébranlée.

«c Si vous n'admettez qu'il est impossible qu'une chose soit et ne soit pas en même temps, il sera possible qu'en un même temps vous pensiez et ne pensiez point. Donc votre affirmation, « je pense, » ne renferme aucun sens, car on peut la faire suivre

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immédiatement de celle-ci: «Je ne pense pas,» et dans ce cas, la conséquence, f existe, cesse d'être logique. En effet, même en admettant la légitimité du principe, <c je pense, donc j'existe, » si cette prémisse, je ne pense pas, m'est connue comme possible, il n'y aura pas de conclusion. Nous pouvons raisonner de même à l'égard du principe cartésien. Si l'être et le non*être sont possibles simultanément, une idée pourrait être à la fois claire et obscure, distincte et confuse ; un attribut pourrait être et n'être point contenu dans son sujet; il pourrait y avoir à la fois certitude et incertitude, affirmation et négation ; or, qui l'oserait dire?»

Ce raisonnement vous semble-t-il manquer de logique ? mais, chose étrange ! le troisième compétiteur trouve à son tour des objections non moins puissantes contre ses adversaires. « Comment savez-vous que le principe de contradiction contient la vérité? ■—Parce que, dans l'idée de l'être, vous voyez l'impossibilité du non-être et vice versa ; donc vous n'êtes certain de la vérité de ce principe qu'en appliquant le mien : « Ce qui est contenu dans l'idée claire et distincte d'une chose se peut affirmer de cette chose avec certitude. » Tout s'écroule en dehors du principe de contradiction, dites- vous: or, ce principe s'appuie sur le mien : lequel des deux est le premier? »

462. Erreur et vérité tout à la fois; vérité, lorsqu'ils affirment que nier le principe qu'ils défendent, c'est ruiner tous les autres ; erreur, lorsqu'ils pré-

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