CHAPITRE XXV
VALEUR OBJECnVE DES IDÉES.
247. La transition du sujet à l'objet, ou de l'apparence subjective à la réalité objective, voilà le nœud gordien delà philosophie fondamentale. Le sens intime
? Voyez la note XXIV, à la fin du volume.
1ft4 LIVKE I. — DE LA CERTITUDE.
nous certifie que certaines choses nous paraissent d'une certaine manière; mais 5(?w^-elles, en réalité, ce qu'elles homa paraissent ? Gomment le savons-nous? Gomment sommes-nous certains de la conformité de l'objet avec ridée?
Gette question ne comprend pas seulement les sensations, elle s'étend aux idées purement intellectuelles, et jusqu'aux vérités qu'inonde la lumière intérieure que nous nommons évidence. ccGe que je vois avec évidence, dans l'idée d'une chose, est comme je le vois, » a dit la philosophie ; l'humanité tient le même langage. Nul ne doute de ce qui lui apparaît avec les caractères de l'évidence. Mais comment prouver que l'évidence est un critérium légitime de vérité?
248. c( Dieu est véridique, il n'a pu nous tromper; ce il n'a pu se plaire à nous rendre les jouets d'une <( illusion perpétuelle. » Ainsi raisonne Descartes, et il dit vrai; mais, répond le sceptique, conmient savons-nous que Dieu est véridique, ou même qu'il existe? Établir, à l'exemple de Descartes, la véracité de Dieu sur l'idée même de l'être infiniment parfait, c'est laisser tout entière la difficulté de la correspondance de l'objet avec l'idée. Que si nous tirons la démonstration de la véracité et de l'existence de Dieu, des idées d'êtres contingents et nécessaires , d'effets et de causes, d'ordre et d'intelligence, nous venons, une seconde fois, nous heurter contre le môme obstacle, la transition de l'idée à Tobjet de l'idée.
On peut entasser les sophismes, nous ne sortirons point de ce cercle. L'esprit ne pense pas hors de lui-