‹ Philosophie fendamentaleChapitre 91 sur 184 · CHAPITRE XIVI. — FERCEPTIOX D'iOEXTITÉ · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIVI. — FERCEPTIOX D'iOEXTITÉ

rement, soit dans Timagination ; mais ce fait, loin de prouver Tidentitë entre la représentation et Tidée, révèle leur différence; car, l'idée est unique, les représentations sont infinies ; Tidée est indépendante des représentations, celles-ci sont dépendantes de ridée, n'ayant le caractère, ne recevant le nom de circonférence qu'en tant qu'elles se rapprochent de ridée et représentent ce qu'elle contient.

Quel est donc le sens de cette proposition : Deux circonférences ayant un même rayon sont égales? Le fond, l'idée mère, c'est que la valeur de la circonférence dépend du rayon ; la proposition énoncée n^est autre chose qu'une application de cette propriété au cas où les rayons sont égaux. Ainsi, les circonférences , que nous concevons comme distinctes , sont des exemples que nous posons en nous pour nous rendre sensible la vérité de Tapplication; mais, dans le fond intellectuel, nous ne trouvons rien que la décomposition de l'idée même de la circonférence ou son rapport avec le rayon appliqué au cas d'égalité. Il n'existe donc point deux circonférences dans l'ordre purement idéal ; il n'y en a qu'une dont nous connaissons les propriétés sous différents aspects, et que nous exprimons de diverses manières.

Si, dans tous nos jugements, il y a affirmation d'identité ou de non-identité, si toutes nos connaissances naissent d'un jugement ou vont aboutir à un jugement, il suit que toute science humaine se réduit à une simple perception d'identité. Donc, la formule générale de toutes nos connaissances pourra s'éta-

blir ainsi : A est A, ou une chose est elle-même. Ce résultat étonne au premier abord comme un paradoxe. Paradoxe absurde en effet, ou Yérité simple d'une extrême simplicité, selon la manière de le comprendre. Les paragraphes antérieurs ont pu faire entrevoir ma pensée, je vais Téclaircir; l'importance de la matière l'exige*.

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