CHAP. XXII. — KART. — JUGEMENT SYSTHÉTIQUE
qne pour les parties restantes, c*est-à-dire pour les trapèzes auxquels se réduisent les deux parallélogrammes, abstraction faite du triangle commun. La simple intuition des figures ne dil rien par rapport à l'égalité des superficies : on voit seulement que les deux côtés de Tangle oblique Tont s*allongeant, et renferment un espace moindre à mesure qne Tangle devient plus oblique, ces deux conditions de la longueur des côtés et de la diminution des distances se trouTant comprises entre deux limites, dont Tune est rinfinî et Tautre le rectangle. On peut démontrer le rapport de l'égale^ valeur des superficies en prolongeant la parallèle opposée à la base et en formant ainsi un quadrilatère dont les trapèzes sont une partie ; pour trouver Tégalité de ces trapèzes, il suffit de décomposer le quadrilatère en faisant attention à Tégalité des deux triangles formés chacun par un des trapèzes et un triangle commun. Or, c'est comparer les trapèzes ; ce n*est rien ajouter à Tidée des trapèzes. Je n*ai pu faire la comparaison d'une manière directe, c'est pourquoi je Fai enfermée dans une idée totale, dont la simple analyse m'a découvert le rapport que je cherchais. L'idée ne donne point ce rapport, elle le manifeste ; de sorte que si la compréhension des deux figures comparées était plus parfaite, si nous pouvions y voir, par intuition, le rapport qui existe entre l'allongement des côtés et la diminution de la distance comprise entre ce$ mêmes côtés, nous verrions qu'il y a Ut une loi constante, en vertu de laquelle ce qui se perd d'une part
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est remplacé de Tautre; par conséquent, dansTidée même de Tangle oblique, nous découvririons l'idée fondamentale de régalité, c'est-à-dire la non-altération de la valeur de la surface par le plus ou moins d obliquité des angles; obtenant ainsi ce que nous tirons de la comparaison, ce que nous généralisons en nous rapportant à deux valeurs linéaires constantes, la base et la hauteur. La même chose aurait lieu par rapport à Téquivalence de toutes les quantités variables diversement exprimées, si nous pouvions ramener leur compréhension à des formules claires et simples comme
tix celles des fonctions que voici — ; où, quelle que soit
. la valeur de la variable, la valeur de Texpression est
toujours la même, à savoir : — .
288. Ces longs développements paraîtront inutiles peut-être ; mais il ne faut pas s'y tromper : purement spéculative en apparence, la question qui nous occupe tient à des vérités de premier ordre, ou plutôt des vérités de premier ordre relèvent de cette question.
Le principe de causalité est analytique, j'espère le prouver. Kant le considère comme un principe synthétique ; de là peut-être toutes ses erreurs.
Il importe beaucoup d'avoir sur ces matières des idées parfaitement nettes. C'est pourquoi je vais résumer en peu de mots la doctrine exposée dans ce chapitre sur l'évidence immédiate et médiate.
289. L'évidence est immédiate lorsque l'idée do sujet nous révèle, par la signification seule des mots,
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h coBvenance on Tîncompatibilité de ]*attribat. Les jugements de cette espèce sont analytiques ; il soiBt, en effet, de décomposer l'idée ou la conception du sujet, pour y découvrir que l'attribut lui convient ou ne lui convient pas.
L'évidence est médiate lorsque, ne voyant point sur-le-champ, et par la simple compréhension du sujet, la convenance ou la répugnance de Tattribut, il BOUS faut recourir à un terme moyen. *
290. Les jugements d'évidence médiate sont-ils analytiques? Si les jugements sont analytiques alors seulement que la compréhension des termes emporte la vue de la convenance ou de l'opposition de l'attribut et du sujet, les jugements d'évidence médiate ne peuvent prendre'ce nom; mais si l'on entend par ce mot on jugement dans lequel il suffise de décomposer une idée pour y trouver la convenance ou l'incompatibilité de Tattribut, nous serons forcés de reconnaître que les jugements d'évidence médiate appartiennent à cette classe de jugements, le moyen employé n'étant autre chose que la formation d'un concept total dans lequel entrent les idées partielles dont on veut découvrir le rapport. La réunion de ces concepts partiels est une synthèse, j'en conviens, mais il n'y a point de synthèse dans la décotwerte de leurs rapports-, cette découverte s'obtient par l'analyse.
De ce qu'il a fallu plusieurs idées pour former un jugement, il ne suit point que ce jugement soit synthétique; ce serait dire qu'il n'existe que des jugements de cette espèce. Dans cette affirmation : Thomme
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est raisonnable, Tidée homme impliqae deux idées, animal et raisonnable ; le jugement n*en est pas moins analytique. Décomposer une idée pour y trouver certains attributs, abstraction faite de la manière dont ridée que Ton décompose a été formée, et du nombre d'idées que Ton y a fait entrer, voilà les caractères d'un jugement analytique. Le nom définit la chose.
291. Dans Tévidence médiate, le sujet contient Tattribut; mais notre intelligence saisit ces idées d^uni manière incomplète ; nous ne les embrassons point dans toute leur étendue; c'est pourquoi la compréhension des mots ne nous révèle point sur-le-champ la présence de Tattribut dans Tidée du sujet. De plus, les objets s'offrent à nous comme épars, môme ceux qui relèvent de Tordre idéal ; ne connaissant point Tensemble, nous passons successivement des uns aux autres, découvrant à mesure les rapports 'qu'ils ont entre eux,
292. Il suit de là que, dans Tordre purement idéal, tous les jugements sont analytiques. En effet, les connaissances de ce genre relèvent d'une intuition en vertu de laquelle l'esprit pénètre une idée plus ou moins complexe, et découvre ce qu'elle contient. D n'y a là d'autre synthèse que le rapprochement des objets en vertu de l'union des idées de ces objets en un concept total , lequel sert à découvrir les rapports des idées partielles.
293. Donc l'inconnue, Vx qu'il s'agit de dégager, problème redoutable que le penseur allemand pose à la philosophie, n'est autre chose que la faculté don-