LETTRE
Monseigneur DDPâNLOUP^ éyêque d Orléans
AU TRADUCraUB
De ta PJUlQSophie foHdam&iUaU de Jacques
Orlcaus, 2i janvier 1852.
Mon aim AMI ,
Je vous félicite d'avoir courageusemeot essayé
et heareasementoieDé à bonne fin la traduction de
la Philosophie fondamenlale de Balmès. Ce livre que
Balmès lui-même, si je ne me trompe , mettait
au-dessus detous'ses antres livres, nous allons
donc le connaître par vous; encore une fois, je ne
saurais assez vous féliciter et vous remercier
d'avoir entrepris ce beau et utile travail* Pour r. a
Tl LETTRE
ma part, je crois digue de tout encouragement tout ce qui réveillera parmi nous le goût de la haute philosophie chrétienne , tout ce qui nous fera connaître Balmès de plus près. C'était un grand et généreux esprit : il joignait à Téléva-tion f à la force , à Tétendue des pensées une admirable rectitude et justesse dlntelligence : ce qui ne se rencontre pas toujours. Je conserverai toute ma vie le souvenir des rapports personnels qu'il voulut bien avoir avec moi ; je n'oublierai jamais ce jeune prêtre, si simple et si noble, si calme et si ferme, dont le front découvert et le regard proioud révélaient une de ces âmes qui trouvent la sérénité dans la hauteur. Parmi les serviteurs de Dieu qui auront, en ce «ècle, laissé dans l'Église une plus chère et plus glorieuse mémoire, Balmès demeurera, sans contredit, aux premiers rangs. Vous savez combien j'ai gémi amèrement de sa mort si prématurée et si douloureuse. Aussi j'attendais avec impatience, comme une consolation à mes regrets, l'ouvrage dont vous donnez aujourd'hui la traduction au public.
DE MONSEIGNEUR L EYÉQUE d'oRLÉANS. Ml
La Philosophie fondameniale ^ en passant dans notre langue par une plume telle que la vôtre^ ne peut avoir nen perdu de la vigueur, de Texactilude et de la netteté de roriginaL Je ne tarderai pas à me procurer le bonheur de cette belle et grave lecture ; et , je m'en tiens pour sûr à Ta* vance , elle ne fera que me confirmer dans la conviction où je suis, que la traduction de la Philosophie fondameniale est un éminent service rendu à la saine philosophie et à la religion.
Tout à vous en Notre Seigneur.
t FÉLU^ ivéque d'Orliam.
A NONSËiGMUR DUPANLOUP
Monseigneur »
11 n'y a pas longtemps, Votre Grandeur signalait, en quelques lignes éloquentes, à l'atlention des esprits sé^ rieiix, le nom de Balniès, comme une des gloires de notre époque. Vous avez goûté, Monseigneur, Tun des premiers, en France, la raison si pleine et si haute de Tauteur du Cat/Mieisme comparé au Proietianiime ; vous avez de* viné 1 homme supérieur, par cet instinct de sympathie qui révèle les uns aux autres les esprits de même fàmille. Les quelqueslignes tombées devotre plume ontdéterminé le travail que je livre au public aiijouixi'hui.
Si j'étais plus sûr de moi-même, si je pouvais me rendre ce témoignage, que j*ai fait parler à l'auteur espagnol la langue que vous parlez, Monseigneur, j'offrirais ce iravail, avec confiance, à Votre Grandeur d'abord, ocmme un hommage de ma reconnaissance et de mon respect ; au public, comme un service rendu aux saines idées et à la bonne philosophie.
Mais, Vœuvre que j'ai entreprise était une œuvre difficile-, il follaft être rapide et rester grave, il fallait rester fidèle et clair en condensant Tampleur surabon*