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CHAPITRE II. — LA NATIÀRE EST INSENSIBLE

mènes de l'intelligence, comme ceux de la sensation, restent inexpliqués dans les systèmes matérialistes.

Nous ignorons, il est vrai, quelle est la nature intime de rëtre sensible, quelle est la nature intime de la matière ; maïs û nous suffit pour affirmer, en toute sécurité, que ces êtres appartiennent à deux ordres entièrement distincts, de connaître leurs propriétés esseniiellcs. Pour démontrer qu*il y a contradiction absolue entre deux choses, il n'est point néces* saire de connaîlre leur essence. Les propriétés constitutives de deux figures géométriques nous sont inconnues ; laissons-nous pour cela de voir que ces figures sont diiïérentes, qu'il est impossible de les confondre?

Un être matériel est un être composé, n'importe la propriété constitutive de cet être. Une matière qui n^aurait point de parties ne serait point matière. L'être composé, bien qu'il soit un^ en ce sens que les parties qui le composent sont unies et tendent à une même fin, est toujours un assemblage de plusieurs êtres, puisque l'union des parties n'empêche point qu'elles soient distinctes. Si Tètre composé pouvait sentir, la sensibilité ne serait qu'un assemblage de sensibilités.

11 est incontestable que la sensation appartient essentiellement à l'être un et qu'on ne peut la diviser sans la détruire ; donc nul être composé n'est capable de sensation; donc la matière, quelle que soit la supériorité de son organisation, ne peut sentir.

Les scnsalions sont multiples et variées, l'être qui

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SOS UVIIB. II. DM aBNSATiONS.

mxi esi un; Tei^périeiicâ îudivîdueUe et Tanatogie noi» TapprenneBt ; c*€9i le nitoie être qui enlendi qui voit, qui goûte, etc.; le même être qui se rappelle ses seuBationa lorsqu'elles ont disparu, qui les I cclierclie ou les fuit, selon qu'elles lui sont ogréa^ bles ou douloureuses, qui jouit des uues, que les autres font souffrir* Celte «uité fait partie de Tidée de Tétre sensible ; de telle suite que si ce sujet commun de toutes les sensations, un au milieu de la

inuU4>licilé, ideniique e\ divers, permaîieni bien que sueeessif , ne se trouvait foini dans ranimai^ eeiui* ci ne serait pas un £tre sensible dans le sens que nous donnoiLâ à ce mot; il ne sentirait pas, puisque toute sensation suppose un être affecté, un être qui perçoit.

Imaginer un flux et reflux de sensations, sans aucun lien, sans unité d aucune espèce, c'est nier l'être sensible ; je ne vois plus qu'une série de phénomènes dont chacun présente en particulier les mêmes diXfi'cultés qu'ils offrent tous ensemble, à savoir la nécessité d'un être on qui les éprouve.

13. Prenons un composé de deux parties A etft, et voyons s'il peut acquérir la sensation de la couleur. Si nous supposons les deux parties du composé sensibles, chacune d'elles perçoit la couleur tout entière, ou seulement une portion de la couleur; mais si chacune d'elles la perçoit tout entière^ l'une des deux parties est inutile. Que si chaque partie ne perçoit qu'une portion de la couleur , voilà la couleur divisée. Que l'on nous dise ce qu'est une couleur divisée?

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