LIVRE U. DS8 SfiN&ATlONS
blir la supériorilé du Icaioigtiage du toucher par rapport à rexUtence de» corps, c'est quUl nous donne l'idée ou la sensation de Pétendue : exemple^ un homme, n'ayant conservé de tous ses sens que eelui du toucher, prouve, en parcourant avec sa main la surface de son corps, une sensation dans laquelle, en vertu de la continuité, Tétendue se trouve comprise. Cette observation ne prouve point ce qu'elle veut prouver; en effet, si je mesure du regard différents objets, ou méoie les différentes parties d'uu objet, j'éprouverai, comme à l'aide du tact, la sensation de continuité ; je ne vois point pourquoi la sensation de l'étendue sciait perçue plus distinctement par celui qui parcourt de la main la longueur d'une balustrade, que par celui qui la mesure des yeux«
60. On fait valoir cette circonstance, que le tact nous pi ocui'c une sensation double, ce qui n'a point lieu dans l'exercice des autres sens. Lorsque nous passons notre main sur notre (iront, nous sentons avec le front et avec la main; conliuuité de sensations qui toutes ont leur origine et leur terme en nous-mêmes. Nous avons conscience que les sensations de la main, comme celles du front, nous appartiennent.
On va voir que ce raisonnement n'est qu'une péii" tion de principe^ qu'il suppose établi ce qu'il s'agit de prouver. L'homme qui n'a conservé de tous ses sens que celui du toucher éprouvera, je le veux, les . deux sensations; U éprouvera leur continuité ; mais que con-
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dure de là? Sait-il s'il a une msâa, «'il a un fronts Supposons qu'il rigûore ; comment pourra ^i/ ac^ quérir cette connaissance ? Les deux sensations jj appartiennent, la conscience l'atteste; mais d'où lui tiennent-elles? Il ne le sait. La coïncidence des deux sensations prouverai t-eiie, par hasard, quelque diose en fayeur de l'existence du front \i de la main, doul il n'a, dans notre hypothèse, aucune idée?
SI cette eolncidenee prouvait ce que Ton prétend à plus forte raison prouverait-elle que certaines combinaisons des sens nous révèlentl'exisfence des coips, et, partant, que celte connaissance ne relève pas exclusivement du toucher. Je place ma main devant -mes yeux; à chaque fois que j'éprouve la sensation produite en moi par ce mouvement, les objets présents disparaissent et sont remplacés par un autre objet, ma main; que si, de celte coïncidence, je puis c<M4clure à Texistence des objets externes, que détient la suprématie du toucher; car, ici, le jugement est déterminé par le sens de la vue? Autre exemple : Je firappe mes deux mains Fune contre l'autre ; à la sensation du contact se joint la sensation du bruit produit par le contact ; donc, si la coïncidence prouve quelque chose, l'oule aura la môme influence que le toucher ; ce que je dis de mes mains frappées l'une contre l'autre se peut appliquer à ce que j'éprouve en parcourant de la main une partie de mon corps, la longueur de mon bras, par exemple, de telle sorte que le frottement produise un certain bruit. Dans ce f. 20
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cas il y a leg deux scmatioiiis» cQUacideulcâ et OMUmes à la fois.
On répondra, pcnt-ùire, que ces exemples ont rapport à des sens différeaU» produisant des sensations différentes. Il n'imparte ; si de la coïncidence entre des sensations d'un ordre différent nous pouvons inférer l'eiistence do monde extérieuTt la «iprénUH tie (in iact est détruite ; or nous ne prétendions point autre chose.