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Si, malgré rimmoLîiilé de l'œil, il nous était

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CHAPIT. XIV. — IDÉE DU SOUDE PAft LA VUE. 87g

IM)srible d'ouvrir el de feraier la paupière, nous arriverions évidenmicnt comprendre que Tobjet sain ptr le regard asi placé hors de noue. Ce mouvement unique, produisant tour à tour la sensa/iou de la présence ou de Tabsence de Tobjet par rioterposttion d'an corps, nous ftmmirait un terme de comparaison d'oày forcément, nous verrions sortir l'idée de dis» tance; or, comme celle distance serait perpendiculaire au plan de l'objet, nous aurions Tidée de la profondeur ou de l'épaisseur el, partant, d'un solide.

Parbonbeur, la nature, plus généreuse envers nous, ne nous a pas enfer niés dans une supposition qui restreint atec tant d'aTarice nos moyens de connais-sance. Toutefois, il ne nous auia pas été complètement inutile d'envisager le pbénomdne sous ce point de vue. Cel examen, je Tose espérer, jettera quelque lumière sur les démonstratious suivantes.

8%. Pour donner l'idée de solide, la vue a besoin du mouvement; elle ne saurait s'en passer ; mouvement dans les objets ou dans le regard, il n*importa«

Nous allons supposer l œil immobile; voyons comment, par le mouvenoeut des ol^ets, la sensation Mole de la Tue nous peut donner Tidée d'un solide. U s'agit d'ajouter aux deux dimensions qui consiitoent le plan la troisième qui constitue le solide. Toute la difiiculté est là.

Soît un oeil immobile, regardant au point A un parallélipipèdc droit et rectangulaire B, dont les deux bases sont entièrement cachées, de sorte que la droite, qui va du centre derœil à l'arfite ou ligne de division.

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376 LIVRE lU — WS8 SBNSATIOfirS.

partage l'angle dièdre ' en deux parties égales. Nous

donnerons à chaque face du parallélipipède une couleur ditlérente aiiemativement blanche, noire, verte et rouge. Ici l'œil voit les deux plans en un seul ; de sorte que l'arête ou ligne de division lui apparaît comme une droite coupant deux parties d'un même [>laii, qui ne diffèrent que par la couleur. L'inclinaison de deux plans lui échappe ; et comme il rapporte l'objet à l'extrémité du rayon visuel, qu^il n'a pu corn-* parer des diûérences qui tiennent soit à Tinégalité des distances, soit à la position des objets, soit à la manière dont ces objets sont frappés par le jour, rœil doit les confondre et les confond en effet dans une même surface dont il distingue les diverses parties. 11 ne va pas plus loin.

Antre preuve : nul n'ignore qu'au moyen de la perspcclive on peut arriver à l'imitation parfaite d'uu solide. Supposons qu'au lieu du solide B, nous ayons sous les yeux une surface plane sur laquelle on aurait imité les deux faces du parallélipipède dont il s'agit; même sensation, partant illusion complète. Donc, il existe deux moyens de produire une même sensation ; donc, si Ton ne suppose une comparaison antérieure, il est impossible de dislinguer entre ces deux moyens ; et dès lors l'idée qui se présentera sera nécessairement la plus simple, à savoir l'idée d'une

surface plane 83. Que si le parallélipipède se meut autour d'un:

axe vertical, il présentera successiveinoul ses quatre

1 Angle formé par detu plam qui se renoontrenl.

GHÂPrr* XIV. IDÉE DU &OUDË PAH LA VDB. 877

focesplus grandes ou plus petites selon leur inclinaison par rapport au rayon visuel, de sorte qu'elles attciiuliont leurmaximum lorsque les plans seront lierpendiculaires à ce rayon, leur minimum lorsqu'ils Uu seront parallèles.

De la succession, de la diversité des se/isaijons, naîtra bientôt Tidée de mouvement; nous verrons, en €^fet, les mômes plans du parallélipipède occuper des positions dilïérentes ; comme ces plans s'offriront aux regards d'une manière uniforme et constante, cette uniformité suggérera l'idée, par exemple, que la couleur qui reparaît après la couleur noire est la môme que Ton a vue déjà ; ainsi des autres ; et comme les couleurs iront se remplaçant et se succédant d'une manière constante, Tidée de l'étendue naîtra du prolongement ou delà direction du rayon visuel, ce qui suffit pour former l'idée d'un solide. .

Le plan nous avait donné les deux dimensions qui constituent la surface. Pour concevoir un solide, il nous manquait la troisième que le plan ne contenait point. Le parallélipipède en mouvement nous en a

fourni l'idée.

84. Ce mouvement qui s'exécutait autour d'un axe vertical, nous le pouvons supposer s'opéranl autour d'un axe parallèle à l'horizon ; alors se présenteront à nous d'une manière successive et sous des aspects différents, selon la position du polyèdre, c'està-dire selon Touverture de l'angle formé par les plans avec le rayon visuel, deux faces opposées du parallélipipède ainsi que leurs bases. Ainsi se produura

378 LIW. H. — MA WNâATltKS.

ridée d'une dimension qui ne se trouve point dans le plan primitif; partant, ce qui maaqiiait h la for« malien de ridée de volume finira par se compléter.

85. Nous avons supposé Tobjet en mouvement ei rœil immobile ; nous pouTons supposer l'objet immobile et 1 œil en nn^uvement. Le résultat reste le même* L'homme que nous supposons dépourvu dm

sciis du toucher, mais doué de l'organe de la vue, ne laissera pas de se former, par les seules impres-* sioRS de cet organe, les idées qui constituent un solide. U est vrai qu'il ne pourra discerner si le mouvement part de l'objet qu'il Toit ou de lui-même, mais ceci n'excluL point la formation de l'idée composée des trois dimensions*

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