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CHAPITRE III. — ÛEUX CERTITUDES

sait que les efforfs des génies les plus pénétrants, les plus élevés, les plus vigoureux, n'ont pu, jusqu'à ce jour, donnar aux sciences des fondements solides? On démontrerait aisément que s'il est dans la science philosophique une partie purement spéculative, ce

sont les quesliuns de certitude.

33. Bien avant que ces questions eussent été pa* sées, rhumanîté était certaine d'une infinité de choses ; comparez le nombre des prétendus philosophes au reste du genre humain ? La certitude existe indépendamment de tous les systèmes; les théories demeurent et demeureront sans influence sur ce phénomène. Elle est; il ne peut être question que de la régler, ou tout au plus de la raffermir.

84. Le scepticisme seul pouvait sortir de ces discussions vaines , la variété, l'opposition des systèmes étant plus propre à engendrer le doute qu'à le dissiper. Par bonheur, la nature oppose au doute une barrière infranchissable ; les rêveries des savants ne passent pas le seuil des bibliothèques ; elles ne deviennent pratiques ni pour le grand nombre ni pour

ceux-là mêmes qui les ont inveatces.

35* Analyser les fondements de la certitude dans ^intention de reconnaître, de constater les lois qui régissent Tesprit humain, mais sans se llatter de changer la nature des choses, voilà le rôle de la philosophie,

36. Que dis-je! même ^dans ces limites, les résultats qu'elle iouruit soul loin d'clre satisfaisants. Ilappelans«^nou6 ce qui a été établi plus haut. La

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science constate le phénomène parce qu'il est i^l et

vrai; mais elle n'en peut donner qu'une e:^plicaUon gratuite : ce phénomène échappe à l'analyse*

Eu effet, Texpérience démontre que 1 entendemeut ne prend pour guide aucune des considéra* tions présentées par la philosophie. La certitude la plus absolue, la plus ferme, est le résultat spontané d'un instinct naturel; c'est une adhésion tnébran* lable arrachée par Févidence, par la force du sens intime, par une impulsion involontaire ; ce n'est 99» une conviction produite par une série de raisonufh ments : ces raisonnements, ces combinaisons n'exis* tent que dans Tesprit du philosophe; ainsi, lorsqu'on veut signaler les fondements de la certitude, on n'indique point ce qui est, mais tout an plua ce qui pourrai l uu devrait èlre.

Admettons que les philosophes ie laissant guider par leurs systèmes, qu'ils ne les oublient point, qu ils ne s'en écartent jamais ; nous aurons la raison de la certitude philosophique, non la raison de la certitude humaine. Or, s'il est vrai que les philosophes se bornent à user de leurs moyens scientifiqiies du haut de leurs chaires, il suit que les prétendus fondements sont une pure théorie. Où donc est la réalité?

37. Cette démonstration de la vanité dei systèmes philosophiques, à l'égard des fondements de la certitude, nous raène-t-elle au scepticisme? non; mais, par une juste appréciation du néant des aubtilités de

la raiâun, par la çomparaison de notre impuissance

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avec la force irrésistible de la nature, elle nous ap*

prend à respecter les lois que le créateur a posées à noire inieUigonce ; elle nous met sur la voie où marche rtiumanité ; elle nous incline au joug d'une philosophie judicieuse, de la philosophie du bon sens, c'est-à-dire à la loi de notre être ^

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