‹ Philosophie fondamentaleChapitre 30 sur 165 · Purs phénomènes, dira-t-on peut-être, qui · texte numérisé non relu

Purs phénomènes, dira-t-on peut-être, qui

nous empêchent d'atteindre la réalité, l unité identique et absolue qu'ils recouvrent.

Nous répondons par le dilemme suivant ; ou noire expérience s^arréte aux phénomènes» ou elle atteint la nature môme des choses. Dans le premier cas, nous ne pouvons savoir ce qui se cache sous lea phénomènes, et alors Tunilc ideniique et absolue nous échappe ; dans le second, la nature des choses n'est donc pas une, mais multiple, puisque, de toutes parts, nous nous heurtons à la multipUcité.

87. Il est curieux d'observer avec qudle légèreté certaios hommes, sceptiques à propos des principes les plus simples, se métamorphosent et font prolessioii de dogmatisme, précisément sur les objets les pli,is çoiitestaUes , les plus accessiblçs au doute* .

Pour eux, le monde^extérieur n'est; que pures apparences, ou du moins une réalité tout autre qu'elle n'apparatt au genre humain ; l'évideucei le sens com-

mun, le témoignage des sens, sont des criieinum sans valeur, bons tout au plus pour le vulgaire. On ne satisfait pas, à si peu de frais, aux exigences de leur philosoj^hie, Chose étrange ! ce philosophe, qui traite

la réalité d'apparences trompeuses , qui n'apergoit que ténèbres là où le genre faumain Toit clairement la réalité» à peine est-il sorti du monde des phénomènes, à peine a-t-il atteint les régions de Tabsolu, qu'il se trouve éclairé d'une lumière mystérieuse: nul besoin de raisonner ; grâce à Tintuition la plus

\ive, la plus parfaite, il aperçoit rinconditioniiel, rinfini, Tunique, dans lequel toute multiplicité se résume, il possède la grande réalité, fondement de tous les phénomènes, le grand tout, dont le vaste sdn réunit, absorbe, dans l'identité la plus par* faite, la variété infinie des existences. L'œil iixé sur ce foyer de lumière et de vie, le philosophe voit se dérouler, en vagues innombrables, l'immense

océan de Tètre. Ainsi, il explique la variété par Tu-

nité, ce qui est composé par ce qui est simple, le fini par rinûni. Pour réaUser ce prodige, nul besoin de sortir de lui-même ; il lui suffit d'anéantir tout fait empirique et de s'élever jusqu'à Tacte pur par des sentiers connus de lui seul. Ce mot, qui se considérait peut-être comme une existence dépendante, fugitive, s'étonne de la grandeur qu'il découvre en lui. Origine de tous les êtres, ou, pour mieux dire, être unique dont tous les autres ne sont que les modifications phénoménales, voilà ce qu'est le moi. Que 4is-je K il est l'univers même, l'univers arrivé, par un développement successif, à la conscience de son ètre« Tout ce qu'il voit hors de lui, et qu'il croit distinct de lui, n'est autre chose que lui-même ; qu'un reflet de lui-même, se déployant à ses propres yeux

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