CHAPITRE vm. — - L'iDENi ITE UNIVEBSEUE
SOUS mille formes diverses, comme ua magnifique panorama.
Le lecteur pourrait croire que j^imagine un système pour avoir le plaisir de le combattre ; il n'en est point ainsi. La doctrine que nous venons d'exposer appar* tient à Scliclling.
88. Cette erreur tient, en partie, à Tobscurité du problème de la connaissance. Connaître est une action immanente et en même temps relative à un objet externe, excepté le cas où Tétre intelligent se prend lui-même pour objet, en vertu d'uu acte réfléchi.
Pour connaître une vérité quelconque, Tesprit no sort pas de lui-même ; son action ne franchit pas les limites du moi; la conscience lui rend témoignage de sa permanence et du développement de son acti<vité dans le cercle intérieur du moû
Cette action immanente s'étend aux objets les plus divers, comme aux plus éloignés par le temps et par la distance. Gomment Tesprit peut-il se mettre en contact avec eux? Comment expliquer qu'il y ait conformité entre l'objet et sa représentation ^ Sans représentation, point de connaissance ; sans conformité nulle vérité ; la connaissance n'est qu'une illusion ; Tentendement humain, le jouet d'un rêve.
Ce problème présente des difficultés très graves, des difficultés insolubles peut-être, et soulève les questiuns les plus hautes de Tidéologie et de la psy-
' Ce mot représeniaiwn revient iàouveiii ilauà rauleur et répjud à *idée rtindi e i»résem, rendu prévenu
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chologic, mais je ne dois pas anticiper sur des discussions qui ont leur place ailleurs, et je me borne au point de vue indiqué par la question que j'examine
qui est celle de de la certitude et de son principe fondamental.
89. Que la représentation existe, c'est un fait attesté par le sens intime. Sans représentation, point de pensée; et, celte affuiiiation , je pense, est, sinon Torigine, du moins la condition indispensable de toute philosophie.
90. D'où vient la représentation? Comment expUquer le fait d'un être entrant en communication avec d'autres êtres, non par un acte transmissible, mais par un acte immanent. Et la conformité entre l'objet et la reprcscnlalion qui nous l'expliquera ? Ce mystère n'indique^t-il point qu'au iond de loule chose il y a unité, identité; que Tétre connaissant n'est autre que l'être connu, s'apparaissaiit à hii-même sous uue forme ditïcreiite; que les réalités visibles se réduisent à de purs phénomènes d'un même être toujours identique, infiniment actif, qui, par le développement de ses forces multiples et variées à l'infini, constitue cet ensemble que nous nommons univers ? Non, non ; il n'en est point ainsi. Erreur que la raison la plus extravagante ne saurait admettre ; moyen aussi désespéré qu'impuissant d'expliquer un mystère ! J'ai dit un mystère ; oui, mais mille fois moins obscur que le système à Taidc duquel on prétend éclairer ses ténèbres.
94 • Loin de rien expUqucr, l'identité universelle