‹ Philosophie fondamentaleChapitre 43 sur 165 · CHAPITRE ÎUV. — ilË L'oURE wiAL · texte numérisé non relu

CHAPITRE ÎUV. — ilË L'oURE wiAL

139. Appliquons cette doctrine aux principes les plus certains de Tordre idéal, à ceux qui, expri* maut ridée générale de Tétre, doivent posséder la fécondité que nous cherchons , s'il est Trai qu'elle existe; par exemple, au principe de contradiction : € U est impossible qu'une chose soit et ne soit pas en un même temps. »

Les idées que ce principe renferme sont les plus simples et les plus claires qui se puissent concevoir; c'est révidence au plus iiaut degré. Mais, s'il est seul» à quoi sert-il. Étudiex-le, creusez-le dans tous les sens, vous n'en tirerez qu'une intuition pure; intuition très distincte , sans doute , mais stérile. Comme il n'aftirme l'existence ou la non existence d'aucun être m particulier, impossible d'en rien conclure pour ou cunlre une réalité quelconque. L'esprit ne saisit que ce rapport conditionnel : c Si quelque chose existe, ou ne peut admettre que cette chose n'existe pas en un même temps, et vice versé. Quelle que soit révidence dans l'ordre idéal, si l'on ne pose la condition d'existence ou de non existence, le oui et le non demeurent indifférents à l'ordre réd. »

Mais qu'un lait se présente à Tentendement, celui^ ci s'en empare; il le jette, comme un pont, entre le monde logique et le monde des réalités ; les deux rives se rapprochent; la science naît, le sens, je pense, j'existe ; combinez l'un de ces faits de conscience avec le principe de contradiction; ce qui n^étalt naguère qu'inluilions stériles, se déploie en une suite de raisonnements féconds, embras-

liO UVRB I. LA CERTITUfiB.

sa al d la fois el le inonde des faits et celui des idées.

140. Même dans Tordre purement idéal, le principe [de contradiction demeure impuissant, s'il n'est uni à des irérités particulièrei de même espèce. On emploie souvent, en géométrie, le raisonnement sui* vaut : a Une telle quantité est ou plus grande ou pliii c petite qu'une autre, ou égale à une autre; sans cela, € cette quantité serait, en même temps, plua grande < et plus petite, égale et inégale, ce qui est absurde. i> AppUcation légitime du priudpe de oontradiction ;

mais observez qu'ici ce principe n'est pas employé seul, qu'il est accompagné d'une vérité particulière de Tordre Idéal. On n'a pu s'en servir pour prouver soit l'égalité, soit Tinégalité, qu'après avoir supposé ou prouvé Teiistenoe ou la non existenoe de l'une ou de i'auiie ; or cette preuve ne pouvait être tir^edu principe de contradiction lequel renferme non une idée particubère, mais les idées les plus générales qui se puiss^t offrir à l'entendement humain.

11^141. Les vérités générales, même dans l'ordre purement idéal, ne mènent à rien, lorsqu'on les emploie toutes seules, parce qu'elles sont indéterminées et sans application ; il en est de même des vérités particulières, mais par une raison contraire. Ne sortant point d'elles-mêmes, celles-ci rendent impossible l'emploi du raisonnement, qui ne peut faire un pas sans le secours des idées et des propositions générales. Unissez ces deux ordres d'idées, la lumière jaillit; séparez -les, vous vous trouvez en présence

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