CHAPITRE XIV. — DE l'oRDRE IDÉAL
d'une intuition abstraite et vague, ou d'une Térité particulière qui ne vous peut rien enseigner sur la nature et sur les rapiK)rts des êtres, du point de ¥ue de la science.
142. Nos idées sont de deux ordres; les unes sup* posent Tespace ; par exemple, toutes les idées géo* métriques. Les autres n'ont aucun rapport avec lui; idées non géométriques. Unâbtme séparecesdeux ordres d'idées ; pour le franchir il faut, pour ainsi dire, en formar une môme ehatne que Ton prolonge de rmi àl autre bord. L'ordi eidéal lui-même reste incomplet si la joncttonnesefiât point. L'ordre réel retombe dans le chaos ou plutôt il nous échappe et s'ovaiiouit. Impossible de rien tirer des idées géométriques pures^ ni pour l'ordre idéal non géométrique, ni pour le monde des réalités matérielles , encore moins pour les réali-» tés immatérielles. Des idées non géométriques , on ne saurait tirer même ildée d'une ligne droite. Cette observation nous semble décisive ; elle prouve, jus* qu'à l'évidence , que la vérité unique ne se trouve point dans Tordre idéal. L'emprunter à Tordre géo-» métrique, c'est nous restreindre aux seules combinaisons appartenant à cet ordre; Temprunter à Tordre non géométrique, c est perdre Tidée de Tespace et jusqu'à la possibilité de concevoir le monde des corps.
Vojez la note XIV à la fin du volume.
lis , LIVRE 1.
DE LA CEUTITliDli:.
CHAPIIRE XV.
condition IndlipeaMAle à 4Mte emMlflMM0 liiUBftiiie. — Mojren» de percevoir 1» Térilé.
i^è. Nous n'avons pu trouver ni dans Tordre réel» ni dans Tordre idéal humain» la vérité mère, le principe unique de toute vérité. Il reste donc prouvé que la science transcendantale, proprement dite, est, relativement h nous, une chimère. Toutefois, nos connaissances doivent avoir un point d'appui; œ point d'appui, nous le cherchom.
Pour éviter toute équivoque, je vais préciser la question. Il ne s'agit point d'un premier principe, lequel illumine ou produise par lin-inùme toute vérité, mais d'une vérité qui soit Tindispensable conditioude toute connaissance; c'est pourquoi je ne le nomme point origine, mais foini d'appui : le fondement ne fait pas Tédifice, il le porte. Le principe que nous cherdions est un fondement. Celui des pliilosoplics que nous avons combattu était une semeTice.
Ces deux images, semence et fondement^ expriment avec netteté ma pensée et caractérisent les différences qui nous séparent.
144. Toute connaissance, scientifique ou non, a-t-elle un point d'appui? Quel est-il, s'il existe? Est-il un ou multiple?