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CHAP. XV. — MOYENS DE PERCEVOIR LA VÉRITÉ

reconnu. Il entrait dans les vues du Créateur que

l'homme pût èive raisonnable» même avant de raisonner; qu'il pût se conduire avec prudence, même alors que le temps lui manque d examiiier les raisons d'être prudmt.

136. Cet instinct de rintelligence s'applique à tout un ordre de faits très nombreux et très divers ; il est à la fois et le guide et le bouclier de la raison ; le guide, car il la précède et lui montre le chemin du vrai ; I0 bouclier, car il la met à couvert de ses propres subtilités, eu forçant le sophisme à se taire devant le sens commun.

• i&l. C'est eu vertu de cet instinct que Tautorité du témoignage des hommes entndne notre assentimeut; et l'on sait combien cet assentiment importe, tant à Pindividu qu'à la société. L'homme croit à l'homme, il croit au témoignage avant d'avoir réflédii sur les motifs de sa foi ; peu étudient les motifs d'y croire, et la foi est universelle.

Observez qu'il ne s'agit point, ici, de savoir si Tin^ stinct înlellectuel nous trompe quelquefois, dans quel cas il nous trompe, et pourquoi. Je ne prétends qu'une chose, constater son existence. Mais que l'on me permette cette seule remarque : une règle participe toujours de coUii qui l'applique, et l'homme est faillible ; vous ne saunez trouver en lui le bien sans mélange, et vous y cherchez la vérité sans mélange.

158. Nous n'objectivons les sensations qu'en vertu d'un instinct irrésistible. Rien de plus certain, rien

de plus évident aux yeux de la iihiiosophia que la

:>ubjecUvité des sensations; les seasations sont ddS

phénomènes iounaoents, phénomènes intimes qui ne

vont point hors de nous. Et cependant, tout homme, le genre humain tout entier, conclut du sulyecUl à robjectif, de l'interne à Texterne, du phénomène à la réaUté. Nous franchissons un ahime à notre insu» Lorsque les plus éminents philosophes ont épuisé leur génie à la recherche du gué qui réunit les deux rives, lorsque les plus vigoureia esprits, à bout d'efforts, out dit résoiuiueut : ii n'existe pas, serait-il donné au eommun des hommes de le découvrir au début de la vie? Non; le raisonnement n'a rien à voir ici : Donc, il existe un instinct en vertu duquel noua

croyons , d'une certitude invincible, à la vérité de certaines propositions inaccessibles à la philosophie.

159. Est-il raisonnable, lorsqu'on veut étudier l'homme, d'isoler ses lacuUés, de mutiler, de déhgu* rer Fesprit pour apprendre à le connaître. S'il est un fiait, un principe iondamental en psychologie, c est la multiplicité des actes et des facultés de notre ène, malgré sa simplicité attestée par la couscience.

L'homme est régi, comme ^univers, par un en** semble de lois dont les effets se développent simulta-* Bément, avec une régularité pleine d'harmonie; sé**

parer ces lois, c'est les mettre en opposition ; comme

il n'est donné h aucune d'elles de produire eon ^et isolément, leur demander d'agir seules, c'est rem* placer l'accord par la c(mfusion et le désordre. Sou-* mettes le monde à la seule loi de la gravitatîoii ; au

CHAFiTM XVI. ~ WIFlIftlON o'iOtaS. 118

liau de M oomlm înAai de systèmes 6t de sokikqui

charment nos regards dans rimiaeusité du liruiament, vous n'auras qu'une masse unique» ineo»*

niensuraMe, informe. Livrez l'univers à la force de

projectîan toute seule, les corps se décomposeront en atomes imperceptibles; vous les verrez s'évanouir, aussi légers qu^ Téther, dans l'espace infini ^

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