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une même germination, une même vie. Imago profondément vraie du glorieux hyménée de ia raison individuelle avec la raison supérieure. Les phénonKjues du monde matériel ne sont peutêtre que ia manifestation des mystères de l'àme et du monde surnaturel. L'homme obi un microcosme.
Nous ne dirons point que les doctrines que
nous venons d'exposer sont le fond de la philosophie catholique. Loin de nous Torgueilleuse prétention d'imputer à la vérité nos pensées, notre langue, nos erreurs peut-être. Le lecteur voudra bien ne voir dans ce travail qu'une exposition simple et sans prétention de notre manière d'envisager les questions philosophiques. Nous avons donné nolic amour et ce qui nous reste de vie à la mère de toute vérité; nous lui abandonnons nos jugements comme notre amour et notre vie.
Heureux ceux dont la jeunesse a regu Tino^
culatioii féconde et forte de la foi; heureux ceux qui n'ont point épuisé dans les énervantes obsessions de Torgueil et du doute la sève de vérité qu'ils ont regue avec la vie; le doute est une sorte d'engourdissement de l'intelligence pareil à celui qui saisit le voyageur dans la région des neiges. Si la volonté ne domine les défaillances de Torganisme, si elle cède aux sollicitations du sommeil^ la halte d'un moment devient ia dernière halte; le voyageur croit s'arrêter pour la
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repos, il se glace et se raidit dans la mort. La foi perdae se peut recouvrer , il est vrai, dans rétode, dans la méditation, dans la droilnre de Tesprit et du cœur, surtout dans la prière et dans le ^lence des passions ; mais alors, mutilée et confuse comme ces inscriptions que la science exiiume et rétablit avec effort parmi la lave des Tolcans , sons les ruines et la rouille des Ages, on y regrette toujours quelque lettre perdue. Cest an parti pris énergique de la volonté sur les passions que sont dues les grondes vertus; c'est au parti pris vigoureux de la raison sur elle-même que sont dues, soit dans Tordre métaphysique, soit dans Tordre moral, et, disonsle, dans l'ordre scientifiqoe lui-même, les plus magnifiques découvertes. L'homme n'a pas été créé pour s'épuiser à penser qu'il pense ou bien à chercher le pourquoi de sa pensée. L'édifice de nos connaissances doit porter sur un fait, non sur une abstraction.
Il eût appcirlcmi au savant auteur des Etudes philosophiques sur le chrùlianùme de poser, comme frontispice de l'œuvre remarquable que nous nous sommes eflforcés de faire passer dans notre langue^ les conditions d'une véritable philosophie catholique; le lecteur a dû regretter en lisant ce qui précède, que cette raison si haute, si mesu-* rée, si sympathique n*ait pu dire en quelle proportion Balmès avait accompli la tâche qu'il
«'était imposée. Q regrettera pareillement que
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l'éloquent biographe, que le tRadactear élégant et consciencieux du Protestantisme comparé au catholicisme j n'ait point prêté à la Philosophie fondammtale la ferme netteté de son style. Noos le regrettons avec le lecteur»
Nous n'avions pas à faire connaître Balmès au
public; toutefois, s'il nous était permis de mêler noire voix au concert d éloges qui s'élève autour de ce nom déjà si populaire et si grand , nous dirions qu'il nous est apparu , dans nos jours de confusion, comme Texpression la plus se-
reine et la plus haute du bon sens; le boa sans, cette part si grande du génie, qui n'est pas tout le génie, mais sans lequel le génie ne sau-» rait être.
On nous saura gré de finir en appliquant au
philosophe catalan ce qu'il dit lui-même de la philosophie* <x Elle confesse son insuiiisance, j'en conviens ; mais elle nous donne^ en même temps, l'idée la plus haute de la portée de son regard, puisque ce regard sonde l'abtme et qu'il recon-> naît que Dieu seul le peut combler. Lorsqu'il existe des causes secondes, le devoir de la philosophie est de les signaler; sMl n^en existe point, soa méiite est de s'élever à la cause première* Un je ne $aiê est quelquefois un acte de raison plus sublime et plus intelligent que l'effort désespéré d'un orgueil sans mesure* U y a de la grandeur à comprendre son ignorance»
XXiV UVTRODIICTION*
I/àme hamaine a le devoir de se nourrir de
i^iandes vérités; noUe igaoiaace esl uue do ces véiilés. »
Maneg (Édouârd).
Clairae» 14 octobre 1851.