‹ Philosophie fondamentaleChapitre 59 sur 165 · PREMIÈRE PROPOSITION · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PROPOSITION

Nier le principe de contradiction , c'est ébranler toute certitude, toute vérité, toute connaissance.

Démonstraticii.

Si Ton admet qu'une chose peut simultanément être et ne pas être, ii faut admettre qu'ay(4r et n'avoir point la certitude, connaître et ne point connaître, exister et n'exister pas, aMrmer et nier sont une même chose. Dans cette hypothèse, les contradictoires s'allient ; les semblables se repoussent ; rintelligence est un chaos ; la raison se trouble , le langage devient absui'de, le sujet et l'objet se heurtent au sein des ténèbres; toute lumière intellectuelle etit pour jamais éteinte. C'est la ruine universelle des principes; la conscience elle-même vacillerait sur sa base immuable, si pendant qu'elle se livre à cette supposition impossible elle n'était soutenue par l'invincilde main de la nature. La conscience ne périt point parce qu'elle est immortelle; mais elle se sent entraînée par ce tourbillon qui roule et confond toutes choses. En Viiiii s'eliorce-t-elle de conserver ses idées; la force de la contradiction les anéantit ; elles ne renaissent, elles ne se succèdent que pour disparaître aussitôt. La conscience ne peut périr, disons-nous, mais elle n'existe bientôt plus que par le sentiment de Timpossibilité radicale où elle est de penser ; et, seule désoniiais dans rinleiligcnce dévastée, la contradiction règne, broyant sous son sceptre de fer tout ce qui veut y germer.

GHAPrr. xn. wï pwnoim m camnAoïcnox. 167

S06. il ne tufAt pomt que le prindpe de contradiction soit âdmis comme posiuble, il doit ôli^ tenu pour vrai ; dans la svppwition contraire, toute certitude, toute conoaissauce, toute vérité tombent en ruine.

Démonstration.

Nous pourrions reproduire id les nutont émises

en faveur de la proposition précédente. Dans le premier cas, on nie la vérité du principe; dans le second, sans le repousser comme taux, on ne l admet point comme vrai. Or il ne saurait être indifférent ; élèver le plus léger dottle mr le principe de contradiction , c'est faire la nuit autour de soi ; toute certitude s'évanouit.

Je ne prétends point que, pour acquérir une certitude quelconque , il soit nécessaire de s'appuyer explicitement sur le principe de contradiction; mais seulement, que nous le devons tenir pour fermement établi, qu'il ne comporte pas Tincertitude, et que tout ce qu'il soutient repose sur un fondement inébranlable. La plus légère oscillation, le niuiudre que saisje. . . ruine ce prindpe de fond en comble ; la possibilité de Tabsurde est déjà, par elle-iuème, une absurdité.

TROISIËltE PROPOSmON*

207. La certitude du principe de contradiction ne repose sur aucun autre principe.

DémonBtration.

Toute ( onuaissance implique la vérité du principe de contradiction; nousTavons prouvé. Donc cepria> cipe ne peut être démontré lui-même; raisonner ici, c'est tomber fatalement dans un cercle vicieux.

On prouvera le principe de contradiction par un autre principe qui , lui-même^ supposera le principe de contradiction. Édifice reposant sur un fondement; londement reposant sur Tédifice.

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