CHAPIT. XXI. — DU PRINCIPE D£ CONTRADICTION
lorme diuloguée ; celte forme fera ressortir d'une façon plus saisissante et les raisons en faTear do prîncipe et les objections. Supposons que l'on nie celte proposition : t Le tout est plus grand que la partie. »
— Le nier, c'est admettre qu'une chose peut en même temps être et n'être pas.
— Veuillez le prouver.
— Le tout que vous admettez sera tout et ne le sera point ; la partie sera et ne sera point partie.
— Pourquoi?
— En premier lieu, le tout sera tout, parce qu'on le suppose ainsi.
Je l'admets.
— En second lieu, il ne le sera point.
— * Je le nie.
— U ne le sera point, car il ne sera pas plus grand que sa partie.
— Vous tombez dans une pétition de principes : j'affirme que le tout n'est pas plus grand que sa partie ; vous prétendez le contraire, en prononçant que s'il n'est plus grand que sa partie, le tout ne saurait éh e tout. Si je niais celte proposition : « Le tout est plus grand que sa partie, » après l'avoir accordée, vous pourriez m'accuser de contradiction ; mais il n'en est point ainsi. De même que je nie que le tout soit nécessairement plus grand que sa partie, je dois nier qu'il cesse d'être tout par le fait qu'il n'est pas plus grand que sa partie.
il 0. Que répondre? et que peut faire ici le raisonnement ? Réveillez, s'il vous est ^ipssible, l'esprit qui I. 10
i70 l4Vft£ 1. i)£ LA CEamUilË.
se fourvoie de la sorte par la définition rigoureuse des termes, par Traalyse des idées. U y a caatradk> tion dans ce qu'il défend ; mais faut-il que TinteUigence s'en aperçoive / Pour cela, définissez, analysez; c'est le seul moyen qui wm reste.
Essayons de cette méthode, à propos du même exemple c Le tout est plus grand que sa partie. »
— Qu'est-<:e que le tout ?
— C'est rmsemble, la réoiiion des parties. Omc
les parties sont comprises dans i idée du tout.
— Qttfll est le sens du moipbts grand f
— Une chose est plus grande qu'une autre, alors que, égale à celle-ci, elle contient, en plus, uiie eerlaine quantité. Sept est plus grand que cinq, parce qu'il contient le nombre cinq, et de plus le nombre deux. Le tout contient la partie et d'autres parties encore ; donc l'idée toiU comprend cette idée : « Le tout est plus grand que sa partie. » AtoUs-iious argumenté pour le prouver? Mon. Nous avons défini les termes, analysé les idées, seule méthode praticable eu pareil cas.
SIXIÈME PROPOSiiiûX-
211. Le principe de conUadiction jic nous peut être connu qu'en vertu d'une évidence immédiate.
Démoiistration.
11 s'agit de prouver deux choses : Qu'il y a évidence dans la connaissance du principe, et que révi^ dence est immédiate. Pour la première, je dois fàire observer^ d'Aord, ciue le principe de ton*»
CHAPIT, XXI. — m PUmiMCE DE «OflTRAOIGTION. 171
tradiction n'est pas un lAmpie fait de con$cleiioe, mais une ▼érité purement idéale. Le fait de conscience implique la réalité ; on ne l'exprime point sans aflirmer une existence. Le principe de contradiction n'affirme ou ne nie rien de positif; il ne dit point qu'une certaine chose soit ou ne soit pas; il se borne à constater l'opposition entre l'être et le non être, abstraction faite du sens copulatif ou substantif donné au verbe.
313. Tout fait de conscience est non-seulement quelque chose, mais une chose déterminée ; ce n'est point, en général, une pensée, mats telle ou telle pensée. Le principe de coiitradictiou n'a rien de dé* terminé ; il fait abstraction non-seulement de Texistence, mais de l'essence; ilenibrasse, sans distinction, le réel et le possible ; toutes choses enfin, sans exception d'aucune espèce.
Lorsqu'on dit : < Il est impossible qu'une chose soit et ne soit pas, » le mot chose exprime l'être dans le sais le plus indéterminé, le plus étendu. Il en est de même du verbe qui comprend toutes aortes de rapports ; en effet, il s'applique également à CCS deux propositions : < Il est impossible que le soleil soit et ne soit point; il est impossible qu'un cercle soit et ne soit point un cercle ; » bien que la j^emière appartienne à l'ordre réel et que le ?erbe Hre j soit employé substantiyement, tandis que la seconde appartient à l'ordre idéal, le ^erbe être n'exprimant qu'un rapport entre l'attribut et le sujet.